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Trois dispositifs pour vous aider, Aides et Réseaux

Trois dispositifs pour vous aider, Aides et Réseaux

Briser le mur de la solitude en cas de coup dur. Pour bon nombre de dirigeants, passer le seuil d’un tribunal ou décrocher son téléphone pour faire état de la situation critique de son entreprise reste compliqué. « En France, la difficulté financière est un tabou pour les dirigeants », reconnaît Stéphanie Dessertenne, coordinatrice du centre d’information sur la prévention des difficultés de l’entreprise (CIP) de l’Aude. Des dispositifs d’écoute et d’accompagnement – souvent bénévoles – existent pourtant, mis en place par des collectivités locales, d’anciens dirigeants, des structures consulaires, voire d’anciens avocats ou experts-comptables.

En Ile-de-France, une cellule d’accompagnement baptisée Smart Service est en cours de création à la région pour permettre aux entreprises en procédure d’alerte de pouvoir bénéficier d’accompagnement.

Détecter les signaux faibles via les réseaux consulaires

Au printemps dernier, au plus fort de la crise sanitaire, les chambres de commerce et d’industrie (CCI) ont eu 1 million d’entrepreneurs au téléphone. « Il s’agissait de détecter les signaux faibles et d’apporter un maximum d’informations aux entreprises en difficulté. On est parfois face à des chefs d’entreprise en difficulté psychologique », fait-on valoir chez CCI France.

A la phase d’écoute succède celle de l’orientation. Un autodiagnostic est disponible en ligne. La CCI privilégie les dispositifs locaux. La Normandie a ainsi mis en place un accompagnement personnalisé des entreprises baptisé « CCI prévention ». Un numéro unique qui permet ensuite d’orienter les dirigeants vers les CIP ou les tribunaux de commerce.

Etre guidé par les experts du CIP

Au centre d’information sur la prévention des difficultés de l’entreprise (CIP) de l’Aude, on estime avoir prodigué « étonnamment peu d’accompagnements » depuis le printemps. « On s’attend à ce qu’à un moment donné les aides ne suffisent plus », reconnaît cependant Stéphanie Dessertenne. Grâce à cette structure, les entrepreneurs en difficulté peuvent bénéficier d’un rendez-vous anonyme, gratuit et individualisé avec une équipe, généralement un trio comprenant un expert-comptable, un ancien juge et un avocat.

Après avoir entendu le dirigeant et analysé sa situation, ces derniers prodiguent des recommandations, suivies en moyenne à 70 % : renégocier un échéancier de dette ou un loyer, s’orienter vers une procédure ad hoc, aller vers un redressement judiciaire… « Dans ce dernier cas, il nous faut faire preuve de pédagogie, car les dirigeants restent réticents. Le mot ‘tribunal’ fait peur, alors que les procédures collectives peuvent les aider », regrette Stéphanie Dessertenne.

Méconnus, les CIP ne suivent que 7.000 entreprises en France. Dans l’Aude, la mobilisation de la vingtaine de bénévoles n’a profité qu’à 25 entreprises en 2019, dans le commerce et la restauration. Les dirigeants viennent souvent les voir très tardivement, au seuil du redressement judiciaire, « alors que nous pourrions mieux les aider plus en amont », déplore Stéphanie Dessertenne. « N’attendez pas deux-trois mois d’être en mauvaise situation pour venir nous voir », lance aux dirigeants William Nahum, le président de ce réseau qui compte une soixantaine d’instances en France.

L’accompagnement précieux d’autres dirigeants

C’est parce qu’il avait déjà mis la clé sous la porte que Bruno Delcampe a mis son expérience – malheureuse – de patron au service des autres. En créant SOS Entrepreneur en 2011, cet ex-dirigeant d’une entreprise d’isolation thermique s’était fixé pour but de voler au secours de tous ces patrons « qui voient arriver avec angoisse la cessation de paiements ».

Depuis la crise, le nombre d’appels « a considérablement augmenté », de l’ordre « de 400 à 500 ». « Les premiers mois, beaucoup d’appels étaient de simples manifestations de panique, mais les vraies difficultés arrivent : 95 % des dirigeants que nous voyons ont un prévisionnel d’exploitation négatif pour 2020. Compte tenu des PGE obtenus, il va leur falloir rembourser, mais leurs capitaux propres seront négatifs », estime-t-il.

SOS Entrepreneurs prodigue aux dirigeants un accompagnement au long cours. « Ce n’est pas parce que l’on est en cessation de paiements que l’on est mort : 70 % des entreprises placées en redressement judiciaire obtiennent un plan de continuation à partir du moment où elles sont accompagnées. En revanche, les dirigeants doivent comprendre qu’il faut changer leurs habitudes et modifier profondément leur modèle économique », insiste Bruno Delcampe. SOS Entrepreneurs, qui compte désormais une centaine de membres, généralement d’anciens chefs d’entreprise, s’est déployé sous forme d’« écoles d’experts » dans le nord, l’ouest et bientôt l’est de la France.

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