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la France, un terrain de chasse très prisé, Cession d’entreprise / transmission

la France, un terrain de chasse très prisé, Cession d'entreprise / transmission

Le Covid-19, c’est aussi le retour des grandes batailles en France. Sur fond d’envolée du M & A, les rivalités des banques d’affaires se sont exacerbées en 2020, comme l’a montré l’offensive de Veolia sur Suez. « Les strictes contraintes sanitaires n’ont pas suffi à empêcher les envois d’huissiers en personne chez les protagonistes de Veolia/Suez, ni les nombreuses procédures judiciaires ! », lâche un banquier d’affaires.

Les cibles françaises ont attiré 74 % d’offres de plus en un an, à 113,2 milliards de dollars, un plus haut depuis 2017, selon Refinitiv, avec en point d’orgue la bataille entre les deux géants de l’eau.

« La judiciarisation a toujours été le propre des opérations hostiles, juge le ténor de la banque d’affaires Marc Pandraud, vice chairman de JP Morgan pour la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique), qui fut de toutes les grandes batailles hostiles, comme Total/Elf. Ce qui est nouveau, c’est la multiplicité des actes de procédure, et ce n’est pas forcément positif pour la conduite des affaires sur la place de Paris. »

Signe de cette tension concurrentielle en 2020, la présence de trois banques conseil lors de la vente du bloc d’actions Suez par Engie à Veolia. L’opération de Veolia sur Suez en recense pas moins de onze aujourd’hui.

Goldman Sachs, JP Morgan et Lazard se sont imposés en tête des banques conseil en France en 2020.

Mobilisation générale

Ce climat a profité aux banques américaines. Goldman Sachs s’impose en tête du classement Refinitiv avec plus de 100 milliards de dollars de transactions françaises conseillées sur les 204 milliards recensées dans le pays (+8 %). La banque est conseil de Suez face à Veolia (23 milliards) et est aussi présente dans les deux autres plus gros deals de l’année, Ingenico/Worldline (10 milliards) et l’offre de Patrick Drahi sur Altice Europe.

Son responsable en France, Pierre Hudry, s’en félicite : « Le M & A est très bien orienté en France. Beaucoup d’entreprises ont retrouvé leurs appuis sur un plan bilantiel et opérationnel et sont reparties à l’offensive dès le mois de mai, notamment à l’international. » Au-delà de la bataille « locale » de l’eau qui mobilise en effet toute la place de Paris, les opérations transfrontières se sont multipliées malgré le Covid, à l’instar de l’offre d’Alstom sur la division ferroviaire de Bombardier (7,8 milliards) ou celle de Schneider sur Osisoft (5 milliards).

Pas moins de onze banques d’affaires sont mobilisées autour de la bataille Veolia/Suez.

JP Morgan, engagé aussi aux côtés de Suez, a pris la deuxième place du classement avec 94,5 milliards de dollars de deals. « Les banques d’affaires n’ont jamais été aussi mobilisées qu’en ce moment, dit Kyril Courboin, son responsable en France, alors que l’on se préparait à une crise économique sans précédent. »

Deux banques américaines ont cependant décroché du podium, Morgan Stanley et Citi. Et tandis que BNP Paribas tenait encore la troisième place mi-décembre (et à la première sur les cibles françaises), Lazard lui a ravi son rang. Société Générale et Rothschild font aussi une remontée spectaculaire aux cinquième et sixième place.

La présidentielle, date couperet

Cette tension concurrentielle va se poursuivre. D’abord parce que les groupes français sont clairement à l’affût. « Il y aura un crescendo, mais 2021 sera une année de forte activité. Le marché reviendra à ses niveaux historiques au premier semestre », prédit George Holst, le responsable des clients corporate de BNP Paribas.

Emerge aussi un nouvel activisme. « Conjuguée à la pression des actionnaires et au maintien du marché du financement, la crise a été un accélérateur de transactions. Et cette pression actionnariale va continuer de pousser les conseils d’administration à agir », dit Jacques Bitton, responsable des relations clients de Société Générale en France. Pour pallier une croissance organique affaiblie, « les entreprises devront en effet trouver des relais de développement par acquisition. Le ‘surplace’ est une prise de risque », considère Emmanuel Regniez, à la tête de la banque d’affaires de Citi à Paris.

Cette pression actionnariale revêt des formes nouvelles, comme en témoignent Lagardère, Unibail et Casino, où des personnalités du monde des affaires se sont invitées au capital, et plus seulement des fonds. « Certains cours de Bourse ont été fortement impactés par la crise sanitaire, dit Kyril Courboin. Et depuis un an, une autre forme d’activisme d’entrepreneurs usant de leur notoriété et de leur expérience passée a émergé en France et dans d’autres pays européens, une tendance qui pourrait se poursuivre. »

Sans compter l’échéance de la présidentielle en 2022, qui va jouer un rôle d’aiguillon : « La pression est forte pour conduire des acquisitions d’ici au troisième trimestre en France et créer des champions européens en bénéficiant de l’alignement politique potentiel avant la fin du quinquennat actuel », juge ainsi Maja Torun, responsable de la banque d’investissement de JP Morgan en France.

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