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un simple bon de commande est désormais nécessaire, Gestion-trésorerie

un simple bon de commande est désormais nécessaire, Gestion-trésorerie

Le choc est « historique ». Selon les derniers chiffres de l’Association française des sociétés financières (ASF), sur les neuf premiers mois de l’année 2020, le marché de l’affacturage a plongé de 8,8 %. Il s’agit du premier recul en onze ans ainsi que du coup d’arrêt le plus brutal depuis le lancement, il y a trente ans, de l’étude statistique sur cette pratique, qui consiste à céder ses factures à une société spécialisée (le « factor ») en contrepartie d’un financement de court terme.

Le secteur était plutôt habitué à une croissance annuelle de 10 % ces dernières années au point d’être devenu, en dix ans, la première source de financement à court terme devant le découvert bancaire. Et avec un volume de 350 milliards d’euros de créances pris en charge en 2019, la France fait partie des champions du secteur.

Mais la crise sanitaire est venue gripper cette belle mécanique. « Le confinement a entraîné une chute drastique de la production au printemps, explique Françoise Palle-Guillabert, déléguée générale de l’ASF. Résultat, les entreprises n’ont tout simplement plus eu de factures à transmettre ». En outre, le besoin de trésorerie des entreprises a été en bonne partie couvert par les mesures de soutiens de l’Etat, et notamment les prêts garantis par l’Etat (PGE).

Le marché de l’affacturage enregistre sa pire chute en 30 ans

Nouveau produit

Anticipant cette situation, les professionnels ont réclamé dès le mois de mars à être intégrés à ce programme. Au mois de juillet, le gouvernement a finalement réservé au secteur une poche de 20 milliards d’euros – sur les 300 milliards prévus pour les PGE -, adossé à la création d’un produit inédit : le financement de commande.

Plutôt que d’attendre l’émission d’une facture, les entreprises françaises sont autorisées à bénéficier du financement des sociétés d’affacturage avec un simple bon de commande, la garantie de l’Etat étant de 90 %. Le gain de temps est estimé à 45 jours. Un délai non négligeable pour la trésorerie des entreprises.

Mais Bercy et l’ASF n’ont réussi à rendre effectif ce produit qu’au mois d’octobre, alors que le calendrier initial de la garantie de l’Etat ne devait porter que jusqu’au 31 décembre. Résultat, la poche de 20 milliards d’euros a été à peine touchée.

Prolongation

Finalement, comme le PGE, le dispositif du financement de commande garantie va être prolongé jusqu’au mois de juin 2021. Ce qui lui donne la possibilité de monter en puissance. « Nous avons un momentum de 9 mois », s’enthousiasme Françoise Palle-Guillabert, qui aimerait par ailleurs faire perdurer ce produit au-delà de la crise, même sans la garantie de l’Etat.

« Si des sociétés d’affacturage décidaient maintenir le produit après le PGE, cela devrait être un peu plus cher car une commande est plus risquée qu’une facture, explique-t-elle. Mais il s’agit d’un dispositif précurseur en Europe. Nous sommes les seuls à avoir eu l’autorisation de la Commission européenne. Cela intéresse beaucoup nos voisins. »

Le secteur craint cependant qu’un nouvel obstacle ne se dresse devant lui : le nouveau règlement de l’autorité bancaire européenne (EBA) concernant les créances douteuses. Dans un souci d’harmonisation, l’EBA a décidé de requalifier toute facture en impayé dès lors que celle-ci dépasse de 30 jours son échéance.

De quoi impacter jusqu’à 20 % des créances gérées par les factors en Europe, selon la fédération européenne de l’affacturage (EUF). Avec des conséquences directes sur le bilan des acteurs, dont la moitié sont des filiales de banques en France.

Si l’organisation n’est pas inquiète pour la solvabilité de ces groupes, elle estime que de nombreuses entreprises pourraient être, in fine, privées de ce financement. En France, impossible de connaître l’impact de cette mesure entrée en vigueur le 1er janvier. « Mais il va falloir être très vigilant car ces règles ont été écrites avant la crise, et il est difficile de voir comment cela peut influencer le marché de l’affacturage, couplé aux confinements », affirme Françoise Palle-Guillabert.

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