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Author Archives: Entrepreneur-France

Groupe Cheval définit sa mission et sa raison d'être, Social et RH

Groupe Cheval définit sa mission et sa raison d'être, Social et RH

Dans l’univers des travaux publics, souvent décriés pour le peu d’égards portés à l’environnement, Groupe Cheval fait exception. Depuis Alixan, dans la Drôme, l’entreprise couvre la quasi-totalité des métiers des travaux publics, de la déconstruction à l’aménagement d’espaces verts et de routes, en passant par la valorisation des déchets verts et de chantiers. « L’économie circulaire guide notre développement, que ce soit en interne ou par le biais d’opérations de croissance externe », affirme Jean-Pierre Cheval, président du groupe qui compte 650 collaborateurs et réalise 100 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Le chef d’entreprise reconnaît qu’un tel positionnement ne convainc pas toujours. Il mise donc sur la définition d’une mission, adoptée en janvier dernier, pour enfin démontrer ce qu’il affirme. « Le fait de devenir une entreprise à mission ne modifie pas notre ADN, mais jusque-là ce que nous mettions en place était de l’ordre du bon sens, désormais, nous le structurons et nous allons pouvoir le mesurer. » Une fois armé des preuves fournies par le futur audit que doit mener toute entreprise à mission, le spécialiste des travaux publics compte sur sa nouvelle qualité pour recruter plus facilement et être plus convaincant auprès de ses clients.

La raison d’être de Groupe Cheval inscrite dans les statuts de l’entreprise
Nous, les femmes et les hommes du groupe CHEVAL, sommes des aménageurs engagés pour développer durablement le territoire avec des équipements de qualité, utiles et innovants. Nous sommes fiers de nos métiers, de nos réalisations, de nos missions au service des populations et des territoires. Avec nos parties prenantes, nous sommes déterminés à contribuer à la transition écologique au travers de nos activités et de notre économie circulaire tout en créant une performance durable.

Un cercle vertueux

En attendant de pouvoir communiquer autour de sa mission d’« aménageur engagé au service du territoire », Jean-Pierre Cheval a dû acclimater ses équipes aux conséquences d’une telle décision. « Il a fallu lever quelques appréhensions à l’interne », reconnaît-il. Désormais, ce sont les objectifs qu’il faut préciser, avec pédagogie. « Ce statut, nous le pensons comme un système vertueux, pas comme un outil coercitif », ambitionne le président.

A côté des deux comités de mission, l’un stratégique, qui regroupe les cadres dirigeants ; l’autre plus opérationnel, auquel se joignent des collaborateurs, le groupe a constitué un « G60 » pour optimiser l’implication des collaborateurs. Ce cercle associe à la démarche une soixantaine de personnes, tous niveaux hiérarchiques confondus, pour la valoriser en interne comme en externe.

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possible jusqu’au 30 juin 2021 !, Fiscalité et droit des entreprises

possible jusqu’au 30 juin 2021 !, Fiscalité et droit des entreprises

L’affacturage (ou factoring) consiste pour une entreprise à céder ses créances clients à une société spécialisée (appelée factor ou affactureur) – qui est souvent un établissement financier –, laquelle se charge, moyennant une commission, de procéder à leur recouvrement. La société d’affacturage pouvant même, selon ce qui est prévu dans le contrat, garantir à l’entreprise le paiement des factures ainsi transmises ou, mieux, les lui payer par avance.

À ce titre, pour soutenir la trésorerie des entreprises en cette période de crise sanitaire et économique, les pouvoirs publics ont mis en place un dispositif d’affacturage accéléré. En principe, l’affacturage n’est possible que sur les factures émises une fois les marchandises livrées ou la prestation réalisée. Avec la mise en place du nouveau dispositif, les entreprises n’ont plus à attendre la livraison et l’émission des factures correspondantes. En effet, elles peuvent, à titre exceptionnel, solliciter un financement de la société d’affacturage dès qu’une prise de commande est confirmée par un client. Concrètement, il suffit de transmettre à cette dernière un devis accepté ou de justifier d’un marché attribué.

Ce financement anticipé est possible grâce à la garantie que l’État apporte à l’opération. Sachant que l’État couvre au plus 90 % (80 % ou 70 %, selon les cas, pour les grandes entreprises) de ce financement.

Important :
ce dispositif, qui ne devait s’appliquer qu’aux financements des commandes prises entre le 1er août et le 31 décembre 2020, a été prolongé de 6 mois et pourra donc s’appliquer aux financements consentis jusqu’au 30 juin 2021.

Un contrat type

En pratique, pour pouvoir bénéficier du dispositif d’affacturage accéléré, l’entreprise doit signer avec la société d’affacturage un contrat type en vertu duquel, notamment, elle s’engage à ce que les commandes considérées soient fermes et définitives et donnent lieu à l’émission des factures correspondantes au plus tard 6 mois après la date de la signature de la commande. En outre, le contrat doit fixer un plafond de financement des commandes que les fonds mis à la disposition de l’entreprise ne peuvent pas dépasser.

De son côté, la société d’affacturage doit, si elle veut bénéficier de la garantie de l’État, respecter un cahier des charges défini par les pouvoirs publics.

Arrêté du 12 février 2021, JO du 16

des facilités de caisse accordées aux entreprises, Fiscalité et droit des entreprises

des facilités de caisse accordées aux entreprises, Fiscalité et droit des entreprises

Avec la crise sanitaire, Bercy se veut plus que jamais à l’écoute des entreprises. A l’approche du premier acompte pour l’impôt sur les sociétés (IS), dû le 15 mars, le ministère de l’Economie et des Finances a annoncé, ce mardi 2 mars 2021, des facilités pour les entreprises qui en auraient besoin. Des mesures destinées à soulager leur trésorerie, en tenant compte de la baisse des résultats liée à la pandémie de Covid.

Concrètement, les sociétés qui le désirent pourront verser un premier acompte qui « correspond à 25 % du montant de l’IS prévisionnel de l’exercice clos le 31 décembre 2020 et non à celui du 31 décembre 2019 », indique le communiqué du ministère. Bercy précise qu’une marge d’erreur de 10 % sera tolérée. Si une entreprise choisit cette option, le montant du deuxième acompte versé au 15 juin 2021 devra être calculé pour que la somme des deux premiers acomptes soit égale à 50 % au moins de l’impôt de l’exercice clos le 31 décembre 2020. Les deux derniers en septembre et décembre – ne seront pas affectés.

La même souplesse est accordée concernant les versements de contribution sociale sur l’IS du 15 mars et du 15 juin 2021, précise le ministère.

Les grandes entreprises – qui emploient au moins 5.000 salariés ou dégagent un chiffre d’affaires supérieur à 1,5 milliard d’euros – peuvent aussi bénéficier de cette facilité, à condition de respecter les engagements pris en contrepartie des mesures de soutien et de reports fiscaux , comme par exemple celui de ne pas verser de dividendes.

Remboursement accéléré des crédits d’impôt

Bercy reconduit par ailleurs la procédure accélérée de remboursement de crédits d’impôt sur les sociétés, mise en place en mars 2020 lors de l’émergence de l’épidémie. Les sociétés qui bénéficient d’un ou plusieurs crédits d’impôt restituables en 2021 peuvent donc « dès à présent demander le remboursement du solde de la créance disponible, sans attendre le dépôt de leur déclaration de résultat (liasse fiscale) ».

Ce dispositif s’applique à tous les crédits d’impôt restituables en 2021 et, en particulier, aux crédits d’impôt créés depuis la crise, comme le crédit d’impôt bailleurs et crédit d’impôt rénovation énergétique pour les PME au titre de l’exercice 2020.

A ces facilités accordées à titre exceptionnel du fait de la crise sanitaire, vient s’ajouter la baisse de l’impôt sur les sociétés : le nouveau taux de 26,5 % (pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 250 millions d’euros) ou de 27,5 % sera applicable dès l’acompte du 15 mars.

Enfin, l’année 2021 sera marquée par la diminution des impôts de production de 10 milliards d’euros. Cette mesure phare du gouvernement doit bénéficier à près de 600.000 entreprises, selon les calculs de Bercy.

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Cybersécurité: les nouvelles pistes pour lutter contre les attaques

Cybersécurité: les nouvelles pistes pour lutter contre les attaques


Les cyberattaques se multiplient avec des hackers de plus en plus organisés, qui s’en prennent à des fournisseurs informatiques susceptibles d’infecter leurs clients. Un des enjeux consiste à automatiser une partie de la cybersécurité en la confiant à des robots ou à l’intelligence artificielle.

nouvelle flambée des prix des PME, Cession d'entreprise / transmission

nouvelle flambée des prix des PME, Cession d'entreprise / transmission

L’effet Covid n’a pas prise sur les fusions-acquisitions dans le non coté. Le prix d’achat d’entreprises par des fonds en France a franchi la barre des 13,4 fois le résultat d’exploitation (Ebitda), selon Bain (13,3 fois en 2019), bien au-delà de la moyenne européenne (12,6 fois) et même américaine (11,4 fois). « Ce sont des niveaux de multiples que personne n’a jamais observés, relève Jean-Marc Le Roux, associé du cabinet. Cette flambée peut s’expliquer par le fait que beaucoup de sociétés vendues cette année en France opèrent dans des secteurs en forte demande, où les multiples sont très élevés, comme le logiciel, la santé et l’éducation. » En témoignent les cessions de Elsan pour 3,3 milliards d’euros (près de 12 fois son Ebitda), Colisée pour 2,3 milliards (15 fois l’Ebitda) ou encore Galileo pour 2,2 milliards (16,5 fois). « Cela étant, même dans des secteurs plus traditionnels, comme la distribution, les actifs cédés étaient d’excellente qualité et en très forte croissance, ce qui permettait de justifier un multiple élevé », ajoute-t-il. La taille significative des deals a été déterminante dans ce nouveau regain de hausse.

Mais les PME non cotées (valorisées moins de 500 millions d’euros) n’ont pas fait exception à cette envolée, en France comme dans le reste de l’Europe. D’après le dernier indice Argos, leur valeur a franchi elle aussi un nouveau record historique à 11,1 fois l’Ebitda dans la zone Euro en fin d’année dernière, soit un tour de multiple en plus en un trimestre. « Le regain d’optimisme lié à la reprise économique, l’abondance de trésorerie des acquéreurs, et une concentration des transactions sur des secteurs très fortement valorisés ont tiré les multiples à la hausse », analyse également Louis Godron, associé d’Argos Wityu. La flambée du non coté a de plus été tirée par la progression des marchés boursiers, où sont cotés un certain nombre d’acquéreurs, augmentant leur pouvoir d’achat.

Ce sont néanmoins les fonds d’investissement qui sont pour l’essentiel responsables de l’explosion de l’indice. Alors qu’à l’automne 2020, ils n’étaient prêts à débourser que 9,2 fois l’Ebitda, en fin d’année ils ont mis jusqu’à 11,2 fois en moyenne.

Les principaux bénéficiaires sont les familles propriétaires d’entreprises. Exemple, les Barbier, propriétaires du spécialiste français des explosifs civils EPC en ont cédé le contrôle autour de 10 à 11 fois l’Ebitda au fonds Argos Wityu . « On observe à l’inverse une baisse des cessions par des industriels et des fonds d’investissement sur la fin de l’année », note Louis Godron.

La crainte d’une bulle n’épargne pas non plus le marché des PME. « Tant que les taux restent bas et que l’épargne y trouve des rendements, l’effet de cycle se maintient. En revanche le levier de dette pratiqué peut nourrir quelques inquiétudes, dit Louis Godron. Il est clair qu’elle ne sera pas remboursée par la trésorerie future des entreprises, mais par la valeur de sortie. La prudence est nécessaire. »

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ce que change le préjudice d'anxiété, Fiscalité et droit des entreprises

ce que change le préjudice d'anxiété, Fiscalité et droit des entreprises

Même leur propre syndicat n’y croyait guère. Le 31 janvier dernier, un collectif de retraités mineurs CFDT a obtenu l’indemnisation de 726 retraités des houillères du bassin de Lorraine au titre du préjudice d’anxiété. La cour d’appel de Douai a accordé à chacun d’entre eux 10.000 euros de dédommagement, non pas pour les pathologies dont ils souffrent – ils déclarent en moyenne 144 fois plus de maladies professionnelles que l’ensemble des salariés du régime général – mais pour la crainte de contracter des affections liées aux 24 agents cancérigènes ou pathogènes auxquels ils sont susceptibles d’avoir été exposés.

Délai de prescription

Spectaculaire, l’arrêt de la cour d’appel de Douai, encore susceptible d’un pourvoi en cassation, dissocie le préjudice d’anxiété de l’exposition à l’amiante, alors même qu’il avait été conçu pour compléter l’indemnisation des travailleurs concernés. Il découle de la jurisprudence du 11 septembre 2019, dans laquelle la Cour de cassation, statuant sur la plainte des mineurs, ouvre le droit au préjudice d’anxiété à tout salarié pouvant justifier « d’une exposition à une substance nocive ou toxique générant un risque élevé de développer une pathologie grave et d’un préjudice d’anxiété personnellement subi résultant d’une telle exposition ». Le salarié peut désormais agir contre son employeur pour manquement de ce dernier à son obligation de sécurité.

Cette jurisprudence relègue l’amiante au rang de risque du passé. Elle aurait pu ouvrir la voie à des centaines de nouvelles plaintes collectives, si un double raccourcissement des délais n’avait pas considérablement rétréci la fenêtre de tir. En saisissant le tribunal des prud’hommes de Forbach en juin 2013, les mineurs ont bénéficié in extremis d’une prescription qui s’étendait alors à 30 ans. Dans l’intervalle, ce délai s’est réduit à 5 ans, puis, depuis la loi de sécurisation de l’emploi de 2013, à deux ans.

Si l’agent judiciaire de l’Etat ne se pourvoit pas en cassation, les mineurs auront obtenu de la justice la reconnaissance d’une exposition fautive, massive et désastreuse à une multitude de toxiques. Ils auront également ouvert dans le droit du travail une brèche dans laquelle d’autres salariés craignant pour leur santé s’engouffreront – s’ils en ont connaissance et si les syndicats et associations de victimes y mettent les moyens.

Indemnisation indifférenciée

Car l’indemnisation du préjudice d’anxiété tient à la fois du parcours du combattant et du marathon. Tout travailleur, même en parfaite santé, peut désormais invoquer une exposition fautive à un produit dangereux et demander réparation de l’anxiété que soulève cette connaissance. Mais cette exposition doit s’être produite au plus tard deux ans avant le début de la procédure, laquelle risque elle-même de durer plusieurs années. La présence de la substance incriminée devra être dûment prouvée – par exemple, par une mention au CHSCT.

Plus complexe encore, le salarié devra prouver que cette exposition est fautive et aurait pu être évitée. L’arrêt dit « Air France » du 25 novembre 2015 exonère en effet l’employeur s’il peut démontrer qu’en présence d’un risque avéré, il a tout mis en oeuvre pour protéger la santé physique et mentale de ses salariés. Il revient aux juges d’apprécier ces mesures de protection et de prévention. La reconnaissance d’une exposition à une substance dangereuse, et a fortiori, celle d’une exposition fautive, s’avère donc complexe et hors de portée d’un salarié isolé, surtout s’il est resté en poste. Mais des associations ou d’anciens salariés peuvent prendre le relais.

La notion de préjudice d’anxiété « personnellement subi » fera aussi l’objet d’interprétations divergentes au cours des futures procédures. Le cas échéant, elle pourrait même être au coeur d’un pourvoi de l’agent judiciaire de l’Etat, fort marri de voir les mineurs obtenir une indemnisation indifférenciée, alors que la Cour de cassation exclut la globalisation du risque. « Comment ne pas tenir compte, dans l’appréciation de ce préjudice des conditions de travail, de la durée, de l’intensité et de la fréquence de l’exposition au risque ainsi que du contexte personnel du salarié ? » interroge maître Joumana Frangié-Moukanas, associée du cabinet Flichy-Grangé et avocate de l’ancien employeur.

Dilution de la responsabilité

Les mineurs ont subi – au sein d’une entreprise d’Etat, et au cours d’une période relativement récente – une concentration de risques que l’on n’imagine pas retrouver de nos jours. Les substances reconnues toxiques, cancérigènes ou mutagènes restent pourtant d’usage courant. Du benzène au chrome en passant par les huiles minérales ou les substances ionisantes, la liste est longue et les secteurs d’activité concernés, nombreux. Pourtant, à l’exception de l’Etat, qui avait provisionné 10 millions d’euros dans la perspective de l’indemnisation du préjudice d’anxiété, aucune entreprise ou fédération professionnelle ne semble s’être organisée en vue de ce nouveau risque de contentieux.

De même, les organisations syndicales n’ont pour l’heure pas fait grand cas de la victoire des mineurs. « De nos jours, la dilution de la responsabilité du risque est telle qu’il est difficile de mobiliser les salariés de sous-traitants peu syndiqués et ignorant souvent jusqu’à l’existence du préjudice d’anxiété », analyse Cédric de Romanet, défenseur des mineurs pour le cabinet TTLC. La victoire des mineurs enfonce néanmoins un coin dans la juridiction sur la santé au travail : pour les risques actuels, il ne faudra plus attendre que les maladies se déclenchent.

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affranchir ses salariés du management , Social et RH

affranchir ses salariés du management , Social et RH

Casser les codes et l’image de job mal payé des métiers d’entretien de la maison. C’est ce qu’entend faire le Strasbourgeois Lionel Strassbach avec la Compagnie des Lavandières, une entreprise envisagée avant la crise, mais lancée à l’automne 2020. Prenant place au sein du groupe Oui Care, leader des services à la personne en France avec 18.000 salariés et 308 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, elle se veut « libérante » avec « les ressources humaines mises au coeur du système ».

Au-delà des éléments de langage, contrairement à ce qui se fait souvent dans le secteur, seuls des temps pleins et des horaires en journée sont proposés, ainsi qu’une voiture de service et un panier-repas. L’autonomie des salariés est prônée pour gérer leur planning et les relations clients. La direction de l’agence n’agit qu’a minima. « Nous ne voulons pas figer ce fonctionnement, peut-être sera-t-il différent dans quelques années ou variera-t-il, selon les villes où nous nous implanterons », précise Lionel Strassbach. La Compagnie des Lavandières ambitionne trois nouvelles agences en France en 2021 et une centaine d’ici à la fin 2025.

300 ou 400 entreprises libérées

Elle n’est pas la première entreprise à revendiquer l’autonomie des salariés, sans manager direct. Certaines se sont lancées, il y a plusieurs décennies, avant même que ne soit théorisé le concept d’« entreprise libérée » en 2012. L’un de ses auteurs, le docteur en psychologie et en management Isaac Getz, dit connaître « personnellement une centaine » d’entreprises libérées, et estime qu’elles sont en France « 300 ou 400 à l’être ou sur le chemin de la libération ».

Concrètement, bien qu’elles reposent sur la volonté du numéro 1 de l’entreprise, les modalités de mise en oeuvre sont variées. « Il n’y a pas deux modèles d’entreprises libérées qui soient identiques, commente Hélène Surgot, du cabinet de conseil en management Facili-team. Le modèle se construit avec les intuitions des patrons et les entreprises font des réglages au fur et à mesure. »

Ainsi, l’ETI nantaise de flexibles hydrauliques Chrono Flex s’est défaite des cadres intermédiaires pour accroître sa productivité via des équipes autonomes, qui sont aussi amenées à valider les candidatures lors des recrutements. Dans l’administration publique, la Caisse primaire d’assurance-maladie des Yvelines laisse ses équipes gérer leur planning si elles le souhaitent pour faire baisser l’absentéisme (- 30 % en neuf mois). Début 2021, l’éditeur de logiciels de gestion d’entreprise Anikop a mis en place des « congés libérés », permettant à sa trentaine de salariés de poser autant de jours qu’ils le souhaitent.

« Deux ou trois ans » pour libérer une PME

Se transformer demande « deux ou trois ans pour une PME, et une décennie pour un grand groupe », évalue Isaac Getz. Des entreprises ont abandonné le projet ou ont renoncé à l’usage à certaines idées. C’est le cas de la filiale française du spécialiste des systèmes d’entraînement et d’automatisation Sew Usocome dans le Bas-Rhin, qui a réintroduit ses magasiniers pour maintenir l’état des stocks à jour. Contactée, l’entreprise a toutefois refusé de détailler sa démarche.

« Quand on vous donne quelque chose, vous donnez autre chose en échange. Cela se traduit ici par moins de sécurité pour les salariés. » Consultant en stratégies RH, François Geuze est très critique vis-à-vis du modèle libéré. Il fustige notamment la « pression sociale » à laquelle conduit, selon lui, l’aplanissement des hiérarchies : faute de managers, les salariés se contrôlent entre eux, conduisant, in fine, à leur surengagement et à un risque accru de burn-out.

Reste, selon leurs promoteurs, que les entreprises libérées ont su s’adapter plus aisément que d’autres aux effets de la pandémie de Covid-19 et au premier confinement, par exemple pour se tourner « en moins de 24 heures » vers le tissage de masques.

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La transformation du dirigeant, préalable à la transformation de l'entreprise, Efficacité personnelle

La transformation du dirigeant, préalable à la transformation de l'entreprise, Efficacité personnelle

Comment prétendre transformer son entreprise si le travail de transformation n’a pas d’abord été entrepris par le dirigeant lui-même ? Cela paraît un truisme, c’est pourtant ce que l’on constate le plus souvent dans les organisations où la conduite du changement passe par des méthodes et des techniques venues de l’extérieur et mises en oeuvre par des batteries de consultants.

La première étape est intime, elle part du dirigeant, de sa personne et non de sa fonction. Elle l’invite à renouer avec son intériorité, à mettre à jour ses croyances, ses valeurs, ses besoins à satisfaire, ses frustrations, ses peurs mais aussi ses joies et ses aspirations. C’est un voyage au tréfonds de soi qui fait diablement
sortir de sa zone de confort
, qui ébranle les certitudes anciennes, challenge les paradigmes personnels sur lesquels il s’est construit depuis toujours.

Se connaître au-delà du masque social

L’armure se fendille, il n’y a plus de place pour les attributs du dirigeant. C’est la mort de la langouste. Celle-ci est dotée d’une carapace qui fait office de colonne vertébrale. Otez-lui sa protection, elle devient vulnérable et s’écroule. Pour un dirigeant, la carapace représente les attributs du pouvoir, tout ce qui lui confère un statut et peut masquer son manque de solidité intérieure. Le travail sur soi permet de mettre à jour les artifices que le dirigeant met en place ou auxquels il s’accroche pour gouverner.  

Par exemple : un ancien cadre dirigeant qui
reprend une entreprise
peut être tenté de « jouer » au PDG. Cela peut même être une de ses motivations premières inconscientes lors de son choix entrepreneurial. Un tel dessein gagnera à être mis à jour pour éviter des pratiques managériales en opposition avec ce qu’il prône dans son discours. Autre exemple : un dirigeant peut souhaiter transformer son entreprise pour être admiré, médiatisé, renarcissisé, obtenir enfin la reconnaissance qu’il cherche depuis longtemps.

La démarche d’introspection n’a rien d’agréable sur le moment mais est régénératrice. Le dirigeant en ressort plus fort, comme neuf, revitalisé, en ayant laissé de côté les démonstrations de force (« je suis le chef ») au profit de la puissance, de la force tranquille. Paradoxalement, « c’est en prenant le temps de vous recentrer sur vous-même que vous pourrez mieux servir votre équipe et votre organisation », explique Romain Cristofini dans son livre L’intelligence spirituelle au coeur du leadership(1).

Car les collaborateurs ont besoin de sentir un dirigeant solide, clair et surtout congruent, pour décider de s’engager eux-mêmes dans le changement qui leur est demandé.

À travers ce travail sur lui, le dirigeant va faire le chemin intérieur qu’il demande à ses collaborateurs. Cela lui permettra à la fois d’être modélisable pour eux et en empathie car il pourra témoigner de ses propres difficultés et mieux comprendre celles de ses collaborateurs. « L’entreprise ne peut se transformer au-delà de ce que le dirigeant s’est transformé lui-même » aime à répéter Antoine Blondel [dirigeant de l’entreprise d’aide à domicile Autonhome, ndlr] avec justesse. Au dirigeant de s’engager en premier pour ouvrir la voie au reste de l’entreprise.

Identifier sa raison d’être

Toute chose se crée en deux fois : la première émerge à l’intérieur de soi (vision personnelle), la seconde se manifeste à l’extérieur de soi (passage à l’action). Pour réaliser son rêve, il faut d’abord le rêver. Qui parmi vous, est capable d’énoncer clairement et simplement son rêve,
de le mettre en lien avec sa raison d’être
? Personnellement, je connais peu de personnes qui se sont astreintes à cet exercice exigeant.

Pourtant, l’une des premières aptitudes du dirigeant qui veut transformer son entreprise en papillon consiste à commencer par se mettre à l’écoute de lui-même pour accoucher de sa raison d’être, de sa vocation avant de la transformer en projet puis en réalisation. Le terme vocation vient du latin vocare qui signifie appeler. Par quoi êtes-vous appelé ? Quel type de leader voulez-vous être ? Quelle contribution à la société désirez-vous apporter ? Eckart Tolle(2) nous dit : « La vie a une raison d’être intérieure et une raison d’être extérieure. La première est primordiale, elle concerne l’Être. La deuxième est moins essentielle, elle concerne le Faire. Le but, le sens, le bénéfice prime sur le projet lui-même qui ne prendra forme que dans un second temps. »

La première étape pour le dirigeant consiste donc à faire émerger ce qu’il peut apporter de mieux au monde en fonction de qui il est profondément, à clarifier ses aspirations pour sa vie professionnelle et pour son entreprise. Sa raison d’être sera donc unique et singulière, comme lui-même, porteuse d’un sens existentiel à ses yeux. Elle deviendra son étoile polaire, lui indiquant la direction et lui permettant de faire ses choix et prendre ses décisions de façon éclairée, y compris dans les moments de doute, de découragement, de peur. L’étoile sera sa boussole.

Pour faire émerger sa raison d’être, le dirigeant a besoin de se mettre à l’écoute de lui-même, de ses aspirations profondes, de ce qui le met en joie, lui donne le sentiment de s’accomplir, génère de la sérénité, de l’enthousiasme, voire le connecte à plus grand que lui. Sur un plan spirituel (qui n’est pas religieux), on pourrait parler de mission de vie ou de plan de vie choisi par l’âme pour cette incarnation. Cela passe davantage par les émotions que par le mental, par le cerveau droit plutôt que le cerveau gauche.  

Mettre l’ego en sourdine

« Dieu a créé le monde comme la mer a créé le rivage : en se retirant », écrivit Friedrich Hölderlin(3), dans l’un de ses poèmes. Cette métaphore peut s’appliquer au dirigeant. Non pas pour le comparer à Dieu mais pour l’inviter à
expérimenter l’humilité
. Or délaisser la posture haute au profit de la posture basse constitue une des étapes les plus difficiles pour un dirigeant en transformation. Ecouter plutôt que parler, comprendre plutôt que chercher à convaincre, ressentir plutôt qu’être en permanence dans la réflexion et l’action, faire part de ses doutes plutôt que jouer les sachants, faire confiance plutôt que de se sentir indispensable, être roseau plutôt que chêne… voici quelques exemples qui illustrent la posture basse.

C’est une posture d’humilité qui, loin de traduire une faiblesse, confère une puissance étonnante. Encore faut-il mettre son ego de côté. Non pas l’annihiler – car nous en avons besoin -, mais savoir discerner lorsqu’il entre en jeu et ne pas se leurrer. Qu’il prenne le pouvoir sous forme de toute puissance et de survalorisation ou de dépréciation et de culpabilité (les deux côtés d’une même pièce), dans les deux cas, l’ego nous présente une vision déformée, nous faisant pendre notre perception pour la réalité.

Nous avons tendance à être égocentrés et à tout ramener à nous-mêmes, à notre petit moi, ce qui limite notre potentiel. Le décideur, par ses attributs du pouvoir, est fortement menacé par le risque de s’identifier à son ego (le fameux complexe de la langouste). Dans une entreprise Papillon, le rôle du dirigeant n’est plus de contrôler ni de commander mais de soutenir les individus et les équipes lors des prises de décision.

En lâchant la barre, il peut expérimenter sa puissance (et non plus sa force ou son pouvoir) et ainsi permettre à ses collaborateurs d’investir leur propre puissance. La posture basse invite en outre à partager ses ressentis, ses craintes, ses vulnérabilités, ses doutes. Non pas en toute occasion mais dans un cadre protecteur et avec des personnes choisies. Être authentique et humble plutôt que jouer au chef constitue une des premières pistes de travail sur soi.

1. L’intelligence spirituelle au coeur du leadership, Romain Cristofini, Intereditions, 2019. 2. auteur de « Le pouvoir du moment présent », J’ai lu, 2010. 3. Poète et philosophe de la période classico-romantique en Allemagne (1770-1843).

Nadia Guiny, autrice de ‘L’entreprise papillon’.
– DR

L’AUTRICE

Nadia Guiny est coach, auteure et conférencière. Elle dirige le Ellyance. Ce texte est extrait de son livre « L’entreprise papillon. Qaund un dirigeant gagne le pari des équipes autonomes » paru aux éditions EMS Management & Société, 228 pages, 22,50 euros.

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Bercy renforce les aides aux entreprises touchées par la crise, Gestion-trésorerie

Le succès du fonds de solidarité ne se dément pas. A peine mis en ligne le 24 février, le formulaire permettant de toucher ces précieuses aides gouvernementales au titre du mois de janvier avait déjà attiré plus de 50.000 demandes en quatre heures. Le succès est tel que le formulaire pour demander les aides intervient de plus en plus tard. Bercy a promis de corriger ce défaut pour le mois prochain, avec une date avancée au 15 mars.

« C’est dire si l’attente est forte. Le fonds de solidarité marche très bien, et nous continuerons à soutenir tous les secteurs d’activité aussi longtemps que la crise durera », a assuré Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, lors d’un point presse téléphonique, alors que le gouvernement fait planer la menace d’un nouveau durcissement des règles sanitaires .

Inflation des montants

De fait, la facture ne cesse d’enfler. Au total, depuis avril dernier, environ 2 millions d’entreprises ont touché une aide via le fonds de solidarité, pour un montant de 15 milliards. Celui-ci va gonfler encore : désormais le coût du fonds de solidarité est estimé à 4,5 milliards d’euros par mois, alors qu’il était évalué à 3,8 milliards en janvier. Rien qu’avec les décisions de fermetures de certains centres commerciaux, ce sont 22.000 commerces qui sont aidés. « En tout état de cause, même quand la crise sanitaire finira, nous ne lèverons que progressivement les aides », prévient Bruno Le Maire.

Dans les prochaines semaines, le nouveau dispositif de remboursement des frais fixes – qui viendra en complément du fonds de solidarité – devrait encore pousser à l’inflation des chiffres. Bruno Le Maire en a dévoilé les détails le 14 février en Conseil des ministres, avec effets rétroactifs à janvier. « Il s’agit de prendre en charge 70 % des charges fixes des entreprises de plus de 50 salariés et 90 % [pour les] entreprises de moins de 50 salariés » qui font plus de 1 million d’euros de chiffre d’affaires mensuel, a expliqué le ministre. Bruxelles a accepté que le plafond d’aides cumulé sur plusieurs mois de ce dispositif soit relevé de 3 à 10 millions d’euros.

Dérogations prévues

Ces aides sont réservées aux secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme. Des exceptions ont également été prévues pour des entreprises réalisant moins de 1 million de chiffres d’affaires, mais qui doivent amortir des coûts fixes importants. Il s’agit des hôtels et restaurants situés dans des stations de ski, des entreprises de loisirs en intérieur, des salles de sport, les zoos et les stations thermales.

L’exécutif veut toutefois montrer que si les vannes sont grandes ouvertes, les fraudes et les abus seront malgré tout traqués. Depuis octobre, des contrôles a priori sont ainsi menés ce qui a entraîné le rejet de 15 % des demandes. « Nous avons ainsi évité 2 milliards d’euros de versements indus », a assuré Bruno Le Maire. Celui-ci a raconté les combines les plus fréquentes, de l’entreprise qui n’existait plus et qui renaît soudain de ses cendres à celle faisant jusqu’à 12 demandes différentes.

Serrage de boulons

A côté de cela, Bercy va aussi resserrer les boulons pour éviter certains « abus involontaires ». Les critères d’attribution du fonds de solidarité vont être revus pour les entreprises de la restauration rapide, qui bénéficiaient d’une « surcompensation » du fait de la non prise en compte du « click and collect » dans leur activité de référence. Les établissements devront désormais justifier d’une perte d’au moins 20 % de leur chiffre d’affaires.

Avec ce bouclier économique, Bercy espère que l’activité redémarrera fort dans la seconde partie de l’année. « Nous maintenons notre objectif d’une croissance de 6 %, sous réserve de ne pas être confronté à de nouvelles règles sanitaires », a assuré Bruno Le Maire.

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vaccination en entreprise, comment ça marche ?, Social et RH

vaccination en entreprise, comment ça marche ?, Social et RH

C’est parti. Après les hôpitaux, les centres de vaccinations et les médecins de ville, les entreprises sont autorisées à partir du jeudi 25 février à vacciner certains de leurs salariés. De quoi a priori accélérer le rythme de la vaccination, si tant est que la production de flacons suive le mouvement. Ce n’est pas la première fois que les entreprises disposent de ce droit de vaccination. Elles le font déjà tous les hivers pour la grippe. Mais face à l’épidémie de Covid-19, la mise en oeuvre s’avère délicate.

Une large communication après avis du CSE

La communication autour de cette campagne est un enjeu crucial : comment respecter le secret médical – le vaccin AstraZeneca concernant uniquement les personnes de 50 à 64 ans avec comorbidités – tout en assurant la sécurité de ses salariés ? « Une communication directe auprès des salariés concernés n’est absolument pas envisageable. La seule personne apte à juger de la santé d’un salarié est le médecin du travail », rappelle Virgile Pradel, avocat, expert en droit de la santé au travail.

« Il n’y a pas de vaccination en entreprise ou par l’entreprise. Le troisième acteur est le service de santé au travail, pas l’entreprise. Cette dernière n’a pas à vacciner, mais simplement à relayer l’information de la vaccination », précise Camille-Frédéric Pradel, avocat spécialiste du droit de la santé. Avant toute chose, l’employeur doit donc échanger avec la médecine du travail. En accord avec ces professionnels, et après la consultation du comité social et économique (CSE), les services des ressources humaines peuvent ensuite communiquer auprès de l’ensemble des salariés.

« Cette campagne de vaccination en entreprise pose un petit problème de confidentialité médicale parce que cela veut dire que les collaborateurs d’entreprise sauront qu’un tel a été vacciné et donc déduiront qu’il est atteint de comorbidités », relève l’Association nationale des directeurs des ressources humaines. En pratique, l’employeur – tenu par son obligation de santé et de sécurité au travail – a, depuis le début de la crise il y a un an, parfaitement identifié les salariés vulnérables. Une nouvelle fois, un équilibre doit être trouvé entre l’information nécessaire à la prévention et la discrétion.

Une vaccination sur la base du volontariat

En l’état du Code de la santé publique, les vaccins contre la Covid-19 ne sont pas obligatoires. « L’entreprise peut proposer un vaccin, mais pas l’imposer », affirme Fabrice Di Vizio, avocat en droit de la santé publique.

Le refus d’un salarié ne peut donc pas fonder son licenciement, en tout cas en théorie. « La vaccination nécessite le consentement éclairé préalable du travailleur volontaire. Aucune décision d’inaptitude ne peut être ainsi tirée du seul refus du salarié de se faire vacciner », confirme le « protocole pour la vaccination par les médecins du travail au moyen du vaccin AstraZeneca », édicté par le ministère du Travail et de l’Emploi. Un accord de branche signé avec les partenaires sociaux pourrait changer la donne.

Un risque de pénurie

L’autre difficulté de cette campagne réside dans les moyens des sociétés. « Il y a une forte probabilité que la vaccination soit à leur charge », prévient Fabrice Di Vizio. Outre cette dimension économique, nationalement parlant la campagne de vaccination se réalise déjà à flux tendu. D’après le ministère du Travail, les médecins du travail doivent se rapprocher de la pharmacie d’officine de leur choix pour se procurer des doses. Cependant, AstraZeneca a d’ores et déjà prévenu les pouvoirs publics européens qu’elle ne devrait pas être en mesure de fournir toutes les doses promises entre avril et juin 2021.

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