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Investissements directs étrangers : la renaissance du souverainisme, Fiscalité

Investissements directs étrangers : la renaissance du souverainisme, Fiscalité

Ces vingt dernières années, la structure et la provenance des investissements directs étrangers en Europe ont changé : les investissements chinois ont été multipliés par six, ceux du Brésil par 10 et ceux de la Russie ont presque doublé. Il ne s’agit pas là d’une marque d’un mondialisme bienveillant car les cibles opèrent la plupart du temps dans des secteurs stratégiques, notamment de haute technologie, des entreprises détenues par l’Etat ou ayant un lien avec les gouvernements.

La crainte d’un opportunisme politico-économique étranger au moment où les entreprises européennes sont affaiblies a ravivé les stigmates de la crise de 2009 durant laquelle la Grèce, l’Italie et le Portugal avaient été particulièrement touchés.

La Commission européenne à la manoeuvre

Toutefois, en une décennie, l’arsenal juridique a changé. Désormais, 15 pays de l’Union Européenne (Allemagne, Autriche, Danemark, Espagne, Finlande, France, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie et Royaume-Uni) disposent de mécanismes de « filtrage » des investissements.

Compte tenu des différents champs d’application, la Commission Européenne a cherché à mettre de l’ordre au sein de l’Union en publiant un règlement européen visant à aligner les secteurs stratégiques, les bonnes pratiques et organiser une coopération au niveau européen lorsque différents marchés sont touchés (Règlement 2019-452 du 19 mars 2019). De plus, on peut constater que la France ne fait que se conformer, avec retard, à la loi européenne mettant dans le giron de son contrôle les sociétés de la biotech (article 4.1.b du règlement précité).

Le 23 mars 2020, la Commission Européenne a sollicité les Etats membres en vue de prendre des mesures de protection en publiant des orientations concernant la protection des technologies et des actifs européens critiques . Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne a voulu rappeler que « L’Union est un marché ouvert aux investissements directs étrangers et le restera. Cette ouverture n’est toutefois pas inconditionnelle ».

A ce titre, l’Allemagne n’a pas attendu l’actuelle crise sanitaire pour renforcer son arsenal juridique. Après avoir revu la liste des secteurs stratégiques en 2017 à la suite du rachat du fleuron allemand de la robotique Kuka par le groupe chinois Midea, elle a abaissé dès novembre 2019 son seuil de protection à 10 % dans les domaines de la robotique, de l’intelligence artificielle, des semi-conducteurs, des technologies quantiques et des biotechnologies. C’est ainsi que Berlin a pu s’opposer aux velléités américaines, en mars dernier, concernant l’acquisition du laboratoire CureVac, travaillant à un vaccin sur le Covid-19.

Le 9 avril dernier, l’Italie a également abaissé son seuil de contrôle aux acquisitions de plus de 10 % du capital et des droits de vote et étendu largement la liste des secteurs clés auxquels s’applique la « Golden Law ». Le 29 avril, le gouvernement italien aurait annoncé vouloir ramener ce seuil à 5 %.

Une stratégie quasi internationale

En dehors des frontières européennes, le constat est le même. Fin mars, le gouvernement australien a prolongé le délai d’examen des accords d’investissement de 30 jours à six mois et a soumis à son autorisation préalable « quelle que soit la nature ou la qualité de l’investissement ». L’Inde, quant à elle, est plus « ciblée » et vient d’adopter un dispositif de surveillance des investissements étrangers en provenance des pays frontaliers (comprendre la Chine sans la nommer).

Les Etats-Unis en revanche se sont dotés de longue date d’un arsenal juridique complet protégeant leurs entreprises notamment par des lois d’application extraterritoriales (FIRRMA Act en 2018) étendant, notamment, les pouvoirs de l’organe de contrôle américain (CFIUS).

Cette chronique est à retrouver dans son intégralité sur le site du Club des Juristes.

Par Patrick Jaïs, avocat associé, et Ian Ouaknine, avocat du cabinet De Pardieu Brocas Maffei

ISR : les investisseurs veulent plus de transparence sur la stratégie fiscale du CAC 40, Taxes et Impots

Les stratégies d’optimisation fiscale des grands groupes, déjà dans le viseur d’organisations internationales comme l’OCDE, sont aussi surveillées de près par certains investisseurs.
La communauté des investisseurs responsables,
représentés dans le Forum de l’Investissement Responsable (FIR), qui rassemble des sociétés gérant collectivement plus de 4.460 milliards d’euros d’actifs, milite pour que les grandes entreprises françaises adoptent une démarche proactive de « civisme fiscal ».

Sujet de controverse

Le forum a donc entamé un dialogue avec les groupes du CAC 40 en leur proposant de répondre à une enquête sur leur perception de la responsabilité fiscale. 25 entreprises ont participé. Parmi elles, les quatre entreprises cotées de la banque et de l’assurance.

La fiscalité des grands groupes est devenue un sujet de controverse ces dernières années, et fait l’objet de travaux au niveau international en vue d’une refonte. En France, environ 5 milliards d’euros de recettes fiscales échappent à l’Etat parce que les grandes entreprises transfèrent leurs bénéfices vers des juridictions à taux d’imposition privilégié, a estimé le
conseil d’analyse économique
, cité par le FIR.

Les grandes entreprises françaises se disent attachées à bien respecter les obligations légales pour acquitter l’impôt, mais elles ne prennent pas d’engagements concrets. Il y a, de fait, un décalage avec les attentes des investisseurs responsables qui souhaitent que ces entreprises s’impliquent davantage, comme elles le font déjà en matière de RSE (Responsabilité Sociale et Environnementale).

Une charte de responsabilité fiscale

Le FIR a centré son attention sur les points suivants : l’entreprise dispose-t-elle d’une charte de responsabilité fiscale ? Cette dernière référence-t-elle des pratiques inacceptables ? Le reporting des taxes acquittées par pays ou par zone géographique est-il rendu public ? Comment l’entreprise prévoit-elle de faire évoluer sa politique fiscale ?

21 des 25 groupes du CAC 40 qui ont répondu à l’enquête publient les principes directeurs de leur politique fiscale, lesquels abordent ponctuellement la notion de fiscalité responsable. 80 % des entreprises ont publiquement formulé des limites à ne pas franchir dans le domaine fiscal.

La direction fiscale dépend de la direction financière

Dans la plupart des cas, la direction fiscale dépend de la direction financière. La politique fiscale est abordée au conseil d’administration par le comité d’audit, mais reste cantonnée à ses aspects financiers et techniques (charge d’impôt, provisionnements, litiges). Il n’existe pas de responsabilité attribuée au conseil d’administration en matière de fiscalité, et pas de passerelle revendiquée entre la direction fiscale et les directions RSE ou développement durable.

Une seule entreprise indique avoir une direction fiscale indépendante de la direction financière, placée sous l’autorité du Secrétaire Général, qui est, lui-même, membre du Comité Exécutif.

Pour le reporting pays par pays, tous les groupes en informent les administrations fiscales locales et françaises, comme la loi l’exige, mais rares sont les groupes qui publient ce reporting (non obligatoire, sauf pour les banques). Seulement 4 entreprises sur les 25 le font, dont une seule n’est pas soumise à une obligation réglementaire en la matière.

Les recommandations du FIR

Face à ces constats, le FIR préconise plusieurs évolutions. D’abord, la stratégie fiscale de l’entreprise doit être l’affaire des organes de direction les plus élevés, à savoir du conseil d’administration. Ensuite, elle doit être intégrée à la stratégie RSE, dont elle fait partie.

Le FIR demande que les principes directeurs de la responsabilité fiscale soient décrits dans un support d’information public, distinct du document de référence, une « charte de responsabilité fiscale ». Et il recommande que tous les ans, l’entreprise publie un reporting fiscal annuel qui détaille les impôts payés dans chaque juridiction. Ce rapport devrait aussi permettre de mesurer les progrès accomplis et les obstacles rencontrés vis-à-vis des objectifs fixés par la charte.

Confinement : le témoignage de Cécile Cabanis, DG Finances de Danone, Profils

Confinement : le témoignage de Cécile Cabanis, DG Finances de Danone, Profils

Ce n’est que lundi dernier que Cécile Cabanis, directrice générale finances, technologie & data, cycles et achats de Danone, a retrouvé mari et enfants,
après sept semaines de confinement solitaire
dans leur appartement parisien. Sept semaines durant lesquelles elle a pu se concentrer sur son travail. « Il m’a fallu une période d’adaptation : les premiers temps, toute notion d’espace-temps avait eu tendance à disparaître. Il faut une vraie discipline pour se créer des routines, aller marcher tous les jours, trouver des espaces de communication avec la famille, comme avec les amis, etc. », explique-t-elle.

Parmi les premiers chantiers professionnels ? Trouver des masques pour les deux tiers des salariés de l’entreprise qui ont continué de travailler dans les usines et sur les différents sites. « Nous avons mis en place une ‘tour de contrôle’ qui se réunit deux fois par semaine pour identifier tout ce dont nous avons besoin », précise-t-elle. Le comité exécutif, lui, se tient désormais tous les soirs, pour procéder à d’éventuels arbitrages. « Le Covid a totalement changé nos horizons de temps : nos cycles stratégiques ‘à trois ans’ sont devenus au mieux trimestriels ; le ‘court terme’ est désormais à la semaine, voire au jour. Nous nous sommes réorganisés pour que les équipes puissent travailler sur ces différents horizons, étudier l’impact de la crise comme des changements d’habitude de consommation et mettre en place des lignes de décision très courtes », détaille Cécile Cabanis.

Le sujet de
la gestion de la trésorerie
a été traité avec une attention à l’ensemble de la chaîne alimentaire. « Nous avons ouvert sur notre bilan 300 millions d’euros de facilité de trésorerie pour notre écosystème : il faut que les fermiers, les petits fournisseurs comme certains distributeurs, en situation de trésorerie fragile, tiennent, pour que l’ensemble de la chaîne puisse fonctionner », souligne la responsable. En parallèle, le quotidien ne s’est pas arrêté : suivi de la performance, clôture comptable… Le groupe a ainsi pu récemment présenter
ses résultats à fin mars
.

Accélération technologique

La compression des agendas s’est accompagnée d’une véritable accélération technologique. Sur le sujet de la gestion des données, tout d’abord. « Les data peuvent nous aider à prendre les bonnes décisions, de façon rapide, dans la volatilité actuelle », remarque Cécile Cabanis.
L’explosion du télétravail
a, par ailleurs, entraîné celle des conférences à distance : le groupe est passé de quelque 5.000 à 20.000 « calls » par jour et réalise quotidiennement plus de 8.000 visioconférences sur la plateforme Workplace. Jusqu’à y prendre des « cafés du matin ». « Toutes les semaines, les directeurs généraux des pays témoignent et échangent leurs ‘best practices’ pour aider tout le monde à mieux vivre cette période inédite », poursuit-elle.

Enfin, l’agilité,
Saint-Graal du management de la dernière décennie
, s’est imposée en un temps record. « Chacun s’est réorganisé et a changé sa façon de travailler naturellement ; les silos ont été cassés sans que cela ne pose de problème, dans une très grande solidarité des équipes. J’espère que l’on gardera une grande partie de ces éléments positifs de la crise : souplesse, mais aussi attention aux autres, écoute véritable… Il y a une vraie reconnexion à notre humanité. Tous les salariés de l’entreprise ont fait preuve d’un engagement, d’une énergie et d’une réinvention incroyables », note la responsable, elle-même engagée, au-delà de son travail,
dans la plateforme « Protège ton soignant »
. « Toute seule chez moi, dans des conditions assez privilégiées, j’ai ressenti le besoin d’être utile. »

Le retour de la famille annonce aujourd’hui une nouvelle phase pour Cécile Cabanis, qui a prévu de faire un « petit emploi du temps pour tout le monde ». Il faut aujourd’hui penser le long terme. « La crise du Covid – et le confinement – a commencé comme un sprint, mais on se rend compte aujourd’hui que l’on est engagé dans un très long marathon : il va falloir gérer son énergie pour tenir ». Heureusement, il y a des yaourts et des probiotiques plein le frigo.

Imaginer l'après Covid-19, Gestion des risques

Imaginer l'après Covid-19, Gestion des risques

Il est difficile, pour ne pas dire impossible,
en cette période de crise unique et inédite
, de ne pas se poser la question de l’« après ». Choc massif sur l’offre et choc massif sur la demande, qui ont plongé nos économies dans une léthargie profonde et un coma inquiétant, la crise du Covid-19, crise de l’économie réelle – pour une fois, les financiers ne sont pas responsables ! – a provoqué
un plongeon sans précédent
, par son ampleur autant que par sa brutalité et sa rapidité, des finances publiques, fait jaillir des chiffres ahurissants, où les centaines de milliards de dollars ou d’euros sont devenues la norme, et généré, pour l’avenir, beaucoup plus de questions angoissantes que de réponses apaisantes.

Les grandes inconnues demeurent bien évidemment, et avant tout, la durée de la crise, avec l’apparition potentielle
d’une deuxième vague
, voire d’une troisième, avant que traitement et vaccin n’apportent soulagement et fin du cauchemar. La réaction des consommateurs – frénésie de consommation pour compenser les frustrations accumulées pendant les longues semaines de confinement, ou épargne de précaution et changements profonds et durables des comportements et des modes de consommation – reste problématique. Tout comme la réponse des marchés financiers,
qui n’ont visiblement pas encore intégré complètement l’ampleur des dégâts
et la complexité des remèdes. Optimisme inconsidéré des investisseurs et irréalisme des scénarios de reprise ? Ou croyance raisonnée en la pertinence et l’efficacité des politiques monétaires, et affirmation de la capacité de la finance à relever les gigantesques défis lancés par la crise ? Enfin, l’ampleur des réponses sociales à ce séisme générateur de chômage, de misère, voire de famine, en particulier dans les économies en voie de développement, est prévisible, même si elle demeure très difficile à évaluer.

Retour à la maison

Ceux qui croient et prétendent
que la crise ne changera rien se trompent
, tout comme se trompent ceux qui croient et affirment
qu’elle changera tout
. Quelles tendances peut-on déceler, au niveau des entreprises, sans bien évidemment prétendre à une quelconque exhaustivité, pour le moyen et long terme, le court terme étant essentiellement monopolisé par les exigences bilancielles et les urgences de liquidités ? A l’évidence devrait se dessiner une remise en cause d’une certaine division internationale du travail et
l’avènement progressif d’un « retour à la maison »
, en particulier pour les produits stratégiques, ceux dont la crise nous a fait comprendre qu’ils engendraient une dépendance insupportable et une vulnérabilité dangereuse. Cette forme de relocalisation aura un coût conséquent, qu’il nous faudra prévoir et provisionner.

Le développement et l’accélération de la digitalisation, cette évolution vers le capitalisme numérique décrite par Daniel Cohen, sont inévitables. La crise a largement montré combien la connectivité numérique permettait
d’assurer la continuité des opérations et des activités économiques
. Gain de temps, très certainement, face à la contrainte de faire vite, et sans doute gain d’argent du fait d’un recours plus réduit aux consultants et autres spécialistes. Les robots et les drones n’étant pas contagieux, nous devrions assister à une accélération notoire du boom de l’automation, déjà largement entamé avant la crise.

Série de questionnements

Ce développement des processus automatisés et sans contact, tant au niveau des activités de production qu’à celles liées à la distribution, ne se fera pas sans un impact majeur sur l’emploi, à un moment où, précisément, ce paramètre économique et social sera particulièrement sensible, pour ne pas dire explosif. La réallocation sectorielle des effectifs sur le marché du travail générée par les difficultés de certaines activités offrira sans doute des possibilités accrues de recrutement de talents managériaux aux secteurs qui bénéficieront de la crise, tels que la santé, la logistique, l’e-commerce, la cybersécurité, l’éducation, pour n’en citer que quelques-uns, mais laissera sur le carreau des cortèges de travailleurs sans grande qualification. Enfin, il faudra s’accoutumer à vivre dans un monde de plus en plus régulé, de plus en plus contrôlé
et donc de plus en plus liberticide
, ce retour en force des régulations étant à l’évidence facilité par les développements inéluctables de la technologie.

S’ajouteront toute une série de questionnements sur la société dans son ensemble : société d’entraide et de solidarité ou société de défiance et dénonciation ? Résurgence brutale des égoïsmes et des pulsions nationalistes ou resserrement des liens régionaux et avènement d’unions géographiques renforcées ? Lente agonie de la démocratie représentative ou sursaut de nos institutions et de nos valeurs républicaines ? En tout état de cause, l’avenir ne sera certainement pas ce « fantôme aux mains vides qui promet et qui n’a rien ! » que Victor Hugo évoque dans « Les Voix intérieures ».

Marc Bertonèche est professeur des universités et enseignant à Oxford, HEC et au Collège des ingénieurs.

Délais de paiements : le médiateur des entreprises s'alarme de pratiques « choquantes », Gestion de trésorerie

C’est un dossier parmi les 600 que reçoit chaque semaine Pierre Pelouzet sur son bureau. Dans une lettre datée du 20 avril, General Electric a demandé à tous ses sous-traitants du territoire de Belfort de réduire leurs tarifs de 20 % pour passer le cap de la crise. Une diminution impossible à absorber pour le tissu de 270 fournisseurs, déjà affecté par la réduction de l’activité de l’usine. « Ces pratiques existaient déjà avant la crise du coronavirus, mais pas dans une telle ampleur. Parfois, la crise peut servir d’excuse ou de justification », déplore le médiateur des entreprises, dont l’activité a été multipliée par dix depuis le début du confinement .

Instauré début avril, le comité de crise dont Pierre Pelouzet est co-animateur rend public ce mercredi, à l’issue de sa septième réunion, une liste de mauvaises pratiques en pleine expansion depuis l’instauration du confinement. On y trouve la baisse de prix brutale et unilatérale, comme dans le cas de General Electric, mais aussi d’autres méthodes que le médiateur juge « choquantes ». Une trentaine de cas ont été signalés au comité de crise, dont les trois quarts ont été traités. La plupart restent confidentiels, mais les noms de certains grands groupes (Lafarge, Vinci, Le Printemps) ont circulé.

Bon de commande retardé

Le médiateur a reçu plusieurs saisines dans des cas où un retard de paiement était mis sur le compte de la désorganisation liée au confinement. Par exemple, le client n’approuve pas le service réalisé ou la livraison, ou alors l’émission du bon de commande est retardée, ce qui décale d’autant le paiement.

« La désorganisation a bon dos ! peste Pierre Pelouzet. Nous espérons que, dans ces entreprises, la production n’est pas aussi désorganisée que le paiement des factures. » Le médiateur a également vu quelques cas de clients qui demandaient à leur fournisseur de leur répercuter les aides de l’Etat dont ils avaient pu bénéficier, par exemple le report des charges. Parfois, ce sont les fournisseurs, en position de force, qui font passer des hausses de prix brutales.

Recul des incidents de paiement

Si les incidents de paiement en avril ont reculé par rapport au mois de mars, ils restent 75 % plus élevés qu’en 2019. Cet indicateur est regardé de près par les pouvoirs publics qui craignent un effet domino des retards de paiement sur le tissu de fournisseurs.

Pour l’instant, Pierre Pelouzet n’a pas observé de dépôts de bilan dans les cas pour lesquels il a été saisi. Mais il se dit vigilant pour la sortie du confinement, où la situation pourrait se tendre. « Le redémarrage de l’activité demande de la trésorerie immédiate », explique-t-il. Les entreprises devront acheter de nouvelles fournitures, sortir du chômage partiel… Tout ceci sera impossible pour celles dont la trésorerie est asséchée.

Confinement : le témoignage d'Aurélie Perraud-Vallée, DAF de Magnicity, Profils

Confinement : le témoignage d'Aurélie Perraud-Vallée, DAF de Magnicity, Profils

Zéro chiffre d’affaires : depuis le week-end du 15 mars, l’Observatoire de la Tour Montparnasse
n’accueille plus personne
, pas plus que les autres sites du groupe Magnicity, à Berlin, Rotterdam, Chicago ou Philadelphie. Un arrêt d’activité brutal et mondial pour ce groupe familial spécialisé dans le tourisme urbain, qui emploie 250 collaborateurs et affiche normalement un chiffre d’affaires de l’ordre de 60 millions d’euros. « Presque tous les salariés sont au chômage technique. Seuls travaillent encore quelques responsables à la holding, les patrons de site et leurs comptables ou encore les équipes du marketing, qui gardent le contact avec les clients via les réseaux sociaux », précise la directrice financière du groupe, Aurélie Perraud-Vallée, confinée en région parisienne avec son mari, associé chez EY, et leurs trois enfants âgé respectivement de 12, 14 et 18 ans.

Une situation inédite qui l’a conduite à travailler en priorité sur les charges. « Nous avons mis en place des reportings de trésorerie pour chaque site et regardé en détail nos frais fixes et les dépenses que nous pouvions réduire. Nous devons faire autrement pour dépenser moins : c’est un vrai changement de culture, rapide, pour un groupe qui n’avait jusqu’à présent jamais fait face à des tensions de trésorerie », poursuit-elle. Autre sujet majeur : les aides et
les financements de type « PGE »
(prêt garanti par l’Etat) dont pouvait disposer le groupe. « Il y a beaucoup de dispositifs, mais il faut les activer et ne pas rater d’opportunités », souligne la responsable.

Quelques surprises positives

D’un point de vue technique, le groupe avait heureusement
entamé sa modernisation
courant 2019, depuis l’arrivée d’une nouvelle CEO, Alexia Vettier. L’outil Teams, sur lequel le groupe s’appuie quotidiennement aujourd’hui, avait ainsi été déployé en novembre dernier. « Nos sites étant presque toujours ouverts, nous ne nous étions jamais posé la question de l’accès à distance pour la comptabilité, la paie, ou les connexions bancaires. Toutes les équipes se sont mobilisées et se sont finalement révélées très opérationnelles : nous avons pu payer nos fournisseurs comme nos salariés, mais aussi boucler notre reporting mensuel, avec seulement un peu de retard. C’est la force des petits groupes : tout le monde a les mains dans le cambouis, et l’on peut se mobiliser très vite », assure la directrice financière.

Des surprises positives ? « La crise a mis en évidence l’esprit d’équipe et la solidarité des collaborateurs. Sans compter qu’elle a ramené beaucoup d’humain et de bienveillance dans les échanges », constate Aurélie Perraud-Vallée, qui a aussi découvert le télétravail. « Cette période de confinement a levé ma barrière psychologique sur le sujet : les journées sont clairement aussi denses qu’avant. Mes pauses-café sont simplement devenues des pauses maths », explique-t-elle.

Car, trois enfants à la maison, cela implique à la fois
de l’encadrement et de l’intendance
. « A leur âge, ils sont assez autonomes sur le plan scolaire. En revanche, nous avons un rôle de coach : il nous faut générer de l’énergie pour qu’ils se mettent au travail ; ou calmer le stress, notamment chez notre fils aîné qui va bientôt passer ses concours après deux années de classes préparatoires. En tant que managers, mon mari et moi sommes habitués à parler de l’agilité et l’adaptation à l’imprévu. Mais un adolescent semble avoir finalement plus de mal que nos équipes à entendre ces discours », reconnaît-elle.

Redémarrage

Côté corvées, la famille est réglée comme un cabinet d’audit : ménage le samedi matin en équipe complète et planning pour les repas, réalisés à tour de rôle, à raison de trois menus par semaine, y compris pour la cadette. « Même si nous passons l’essentiel de nos journées sur nos écrans, en conférences téléphoniques, cette période de confinement nous laissera aussi des moments de partage et de discussions avec les enfants », remarque Aurélie Perraud-Vallée, qui ne manque pas de s’étonner face à ce temps à la fois « long et que l’on ne voit pas passer ».

Reste, aujourd’hui, la question majeure du redémarrage. « On ne sait pas encore quand il aura lieu ni, surtout, comment. Il nous faut challenger notre business model : un nouveau tourisme urbain pourrait naître de cette crise. A nous de l’inventer. » A titre personnel ? Pas d’hésitation : la directrice financière de Magnicity attend avec impatience de pouvoir retrouver ses amies, au cours d’un apéro en terrasse.

Europcar obtient un prêt garanti par l'Etat de 220 millions d'euros, Crédits

Europcar obtient un prêt garanti par l'Etat de 220 millions d'euros, Crédits

Confronté à
l’arrêt brutal de son activité lié
à l’épidémie de coronavirus et aux mesures de confinement, Europcar a annoncé dimanche une série de financements de plus de 300 millions d’euros. Après des semaines de négociations avec ses banques et les pouvoirs publics, le loueur de véhicules a notamment finalisé un prêt garanti par l’Etat (PGE) de 220 millions d’euros.

« Ces nouvelles lignes de financement nous permettront de sécuriser nos activités et de les reprendre progressivement lorsque les économies locales redémarreront et commenceront à se redresser », a déclaré Caroline Parot, présidente du directoire d’Europcar Mobility Group, qui mène en parallèle un « plan de réduction des coûts significatif », dont les détails seront dévoilés mardi soir.

Le groupe de 10.000 salariés, dont 1.950 en France, veut notamment réduire sa flotte automobile (en partie louée) et ses redevances d’aéroport, tout en économisant sur ses loyers ou les services externalisés.

L’entreprise fait partie des réseaux d’envergure mondiale, comme Avis ou Hertz, qui tirent une bonne partie de leurs revenus de leurs agences dans les aéroports. Une reprise soutenue du trafic aérien dans les prochains mois serait déterminante pour soutenir leur activité. Mais ce scénario ne semble pas le plus probable, comme en témoigne la possibilité qu’Orly reste fermé jusqu’à l’automne.

Garantie à 90 %

Alors qu’Hertz se bat aux Etats-Unis contre le défaut de paiement, cette bouffée d’oxygène était décisive pour Europcar. Outre le PGE français, elle a obtenu de nouvelles lignes de financement garanties par l’Etat espagnol, à 67 millions d’euros, et une garantie d’Eurazeo,
le fonds de capital-investissement qui détient 29,9 % du groupe
, portant sur un montant de crédit supplémentaire de 20 millions d’euros.

Le prêt français bénéficie d’une garantie de l’Etat de 90 %, contrairement
à FNAC Darty
, qui avait obtenu 70 % (pour un montant de 500 millions) conformément au dispositif de PGE pour les très grandes entreprises. Son montant repose sur une base de chiffre d’affaires en France de 890 millions d’euros. Le groupe, qui réalise plus de 3 milliards de chiffre d’affaires dans le monde, discute avec d’autres Etats pour obtenir des prêts similaires.

La direction a renoncé au paiement de dividende en 2020 et 2021. Elle s’engage à ne pas en verser tant que le levier d’endettement net ne sera pas inférieur à 3 fois le résultat opérationnel (Ebitda). La société, qui a grandi par acquisitions, présentait un ratio de 3,2 fin 2019. Tout en réduisant ses coûts, elle veut « adapter la structure de [son] capital ainsi que celle de [sa] dette ».

Action au plus bas

Il reste à espérer que ce soutien financier ne sera pas qu’un sursis. La société suscitait déjà la défiance des investisseurs depuis la publication de résultats décevants au troisième trimestre 2019 (cette période correspondant au pic d’activité dans le secteur), et le cours de l’action se traînait fin février à moins de 4 euros, soit trois fois moins que lors de l’introduction en Bourse en juin 2015. Elle valait jeudi 1,70 euro.

Europcar avait lancé l’an dernier un plan stratégique, qui mettait l’accent, à côté de son métier traditionnel, sur le développement des mobilités urbaines, par le biais notamment de sa filiale Ubeeqo. Mais ces deux segments ont pris de plein fouet les conséquences économiques de la pandémie, avec un marché mondial de la location de voitures qui a fondu de 90 %.

Un nouveau Tweet d'Elon Musk fait plonger Tesla en bourse, Introduction en bourse

Un nouveau Tweet d'Elon Musk fait plonger Tesla en bourse, Introduction en bourse

Toujours aussi imprévisible, Elon Musk a de nouveau sévi sur Twitter, faisant plonger l’action Tesla de
10,3 % à Wall Street vendredi
. « Le cours de l’action Tesla est trop élevé » a ainsi écrit sur son compte, le patron du constructeur de véhicules électriques. Et ce, alors que Tesla venait d’annoncer un bénéfice surprise de 16 millions de dollars pour le premier trimestre.

La valorisation de Renault, PSA et Volkswagen réunis

Ces derniers mois, les résultats prometteurs de Tesla avaient fait décoller en flèche le cours de bourse, portant sa valorisation boursière à quelque 147 milliards de dollars, soit davantage que Renault, PSA et Volkswagen réunis. Mais outre les milliards de capitalisation boursière partis en fumée, ce tweet est susceptible d’attirer, une fois de plus, les foudres de la SEC, l’autorité américaine des marchés financiers, très sourcilleuse sur la communication d’informations ayant des conséquences sur l’évolution de la Bourse.

Bras-de-fer avec la SEC

En 2018, un précédent message d’Elon Musk, évoquant un possible retrait de Tesla de la bourse, avait déjà provoqué un bras de fer homérique entre le chef d’entreprise et la SEC. Ce dernier avait dû renoncer à la présidence du conseil d’administration de Tesla. En 2019, après de nouvelles hostilités, Elon Musk avait même dû s’engager à ne pas « tweeter » sur Tesla, sans le feu vert au préalable du directeur juridique.

Elon Musk ne s’est toutefois pas limité au seul sujet de la valorisation de Tesla. « Je vais vendre tous mes biens physiques. Ne posséderai (plus) de maison », peut-on lire dans un de ses messages sur Twitter. Dans deux autres, le fantasque dirigeant réitère ses critiques acérées contre le confinement destiné à limiter la propagation du Covid-19. « Rendez maintenant au peuple sa LIBERTE », s’est-il ainsi emporté. « Colère, colère contre la mort de la lumière de la conscience », proclame un autre de ses messages.

L’objectif du demi-million de véhicules

Mercredi, Elon Musk
avait déjà qualifié
de « fasciste » le confinement, estimant que cette mesure asphyxiait les entreprises. « Dire qu’ils [les Américains] ne peuvent pas quitter leur domicile et qu’ils seront arrêtés sinon, c’est fasciste. Ce n’est pas démocratique, ce n’est pas la liberté. Rendez au peuple leur foutue liberté ! », s’est étranglé l’entrepreneur au cours d’une conférence téléphonique, en réponse à des questions sur la reprise de l’activité de l’usine de Fremont, en Californie.

La Californie fut le premier état américain à ordonner le confinement total de ses 40 millions d’habitants, le 16 mars. Et la sortie du confinement n’est pas avant plusieurs semaines, a indiqué le gouvernement de Californie, au grand dam d’Elon Musk, qui espérait pouvoir rouvrir son usine de Fremont dès le 4 mai. Avec la prolongation du confinement, le patron de Tesla, qui n’a jamais semblé aussi de remporter son pari de s’imposer sur le marché de l’électrique, voit en effet s’éloigner son objectif de livrer plus de 500.000 véhicules en 2020.

Pour les prochains mois, l’activité de Tesla devrait donc se jouer en Chine : l’usine de Shanghai n’a finalement souffert que d’une brève interruption et le constructeur va bénéficier d’un partenariat avec le producteur de batteries CATL pour baisser encore le prix de la Model 3 (sous les 42.000 dollars). De quoi continuer de croître sur un marché en reprise.

Covid-19 : comment Claranova rassure ses investisseurs, Gestion des risques

Claranova n’a pas échappé à la tempête boursière provoquée
par la crise du Covid-19
. Déjà malmené par les marchés fin février, le spécialiste de l’édition de logiciels, de l’Internet des objets (IoT) et surtout de l’impression digitale personnalisée sur mobile a vu son cours de Bourse s’effondrer de près de 43 % entre le 2 et le 16 mars dernier. « Dans ce contexte d’inquiétude générale, dès que vous avez une approche mass market comme la nôtre, les investisseurs anticipent que vous allez être fortement touchés et ajustent leur position en fonction », assure son directeur financier, Sébastien Martin, pour justifier ce plongeon.

Malgré le confinement de ses salariés,
tous placés en télétravail
dès le vendredi 13 mars, le groupe technologique met alors tout en oeuvre pour stopper l’hémorragie, rassurer ses investisseurs et leur prouver la résilience de son business model. « Notre premier objectif était de sortir nos comptes en temps et en heure alors même que nos équipes étaient dispersées », explique le grand argentier. S’ensuit une mobilisation de ses commissaires aux comptes, d’une agence de communication externe pour réaliser la mise en page de ses résultats, mais aussi de solutions, de type webcast, pour les présenter aux analystes, aux investisseurs institutionnels et aux actionnaires individuels. « Il était très important que la crise n’empêche pas les interactions humaines, et notamment de pouvoir apporter des réponses aux questions que chacun pouvait se poser », ajoute Sébastien Martin.

Road shows virtuels

D’un point de vue logistique, l’exercice n’est pas sans poser quelques défis. « Habituellement, l’équipe de direction est réunie au même endroit, mais, en raison du confinement, chacun était, pour une fois, dans un lieu différent, sans matériel professionnel, ni studio d’enregistrement et avec de potentiels problèmes de bande passante », précise le directeur financier dont les inquiétudes se sont rapidement dissipées « grâce à la capacité d’adaptation de tous ». Parfois décalés en raison de problèmes de connexion ou d’impératifs exogènes
liés à la gestion de la crise
, les road shows virtuels, qui ont remplacé la série de rencontres physiques initialement prévue, ont pu finalement se tenir, et porter leurs fruits. « Nous avons pu démontrer à tous que notre activité sur mobile, qui représente 80 % de notre chiffre d’affaires, était peu impactée par la crise, que notre trésorerie était toujours assez abondante, et que l’essentiel de notre business model, récurrent, sans problème d’accessibilité prix et fondé sur l’abonnement, était particulièrement résilient », assure Sébastien Martin. Entre le 15 mars et le 15 avril, Claranova a même enregistré une hausse de 350.000 utilisateurs de son application d’impression photos, soit une croissance plus forte qu’il y a un an à la même période.

Surtout, le groupe technologique a pu prouver à ses partenaires financiers que, tout en tenant fermement les cordons de la bourse
pour garantir sa pérennité
, il réfléchissait déjà à l’après. « Si, en raison du manque de visibilité et pour préserver notre trésorerie, nous avons mis en attente certains projets de croissance externe et de développement organique, nous préparons déjà la sortie de crise, grâce à la conception, par exemple, d’une solution IoT pour les systèmes de traitement des eaux et à une vigilance accrue sur toutes les opportunités de croissance externe qui pourraient se présenter à nous », souligne Sébastien Martin. Une stratégie à laquelle les investisseurs semblent avoir été sensibles : sans renouer avec ses niveaux de début de février où il s’échangeait à plus de 7 euros, le titre Claranova a bondi, entre le 16 mars et le 23 avril, de plus de 70 % pour dépasser la barre des 5 euros.

Comment le confinement bouleverse la nature des dépenses des entreprises, Achats

Comment le confinement bouleverse la nature des dépenses des entreprises, Achats

La crise du Covid-19 et les mesures de distanciation sociale ont, bien sûr, 
un impact stratégique sur les entreprises
, mais pas que. Selon une étude comparative menée par Expensya sur près de 23 millions d’euros de frais professionnels engagés avant et pendant le confinement – du 17 février au 1er mars et du 23 mars au 5 avril -, les dépenses quotidiennes des organisations s’en trouvent, elles aussi, bouleversées.

Moins de voyages d’affaires, davantage d’indemnités kilométriques 

Au-delà de la baisse vertigineuse, de près de 83 %, des frais professionnels engagés par les salariés, l’expert de la gestion des notes de frais observe quatre tendances lourdes. D’abord, et logiquement, l’effondrement des dépenses 
liées aux voyages d’affaires
. Tandis que, en raison de la fermeture des frontières et de la limitation du trafic, ceux relatifs au transport aérien ont diminué de 88 %, les frais d’hébergement engagés lors de déplacements ont chuté de 96 %. « Les 4 % restants représentant des employés retenus dans un pays étranger ou dans une région éloignée de leur domicile », précise Expensya.

Au rayon des déplacements professionnels, l’étude constate, en revanche, une augmentation de 32,8% des indemnités kilométriques réclamées par les salariés. « Même si elle semble paradoxale en cette période de confinement, cette hausse s’explique par le fait que les véhicules personnels ont été privilégiés face aux transports en commun par les salariés des secteurs dits essentiels qui n’ont pas pu mettre en place le télétravail », expliquent les experts. Concomitamment, les dépenses de transport en commun, et même de taxis et de VTC, se sont effectivement effondrées, d’environ 82%.

Fournitures de bureau, forfaits télécoms et achat de gel hydroalcoolique

Lorsqu’elles ont pu y recourir
, le télétravail ne s’est, semble-t-il, pas fait à coût constant pour les entreprises. Face au changement brutal, et aux limites des services d’achats centralisés, les salariés ont rapidement réagi et ont massivement acquis le matériel nécessaire pour travailler depuis chez eux. Résultat : l’achat de fournitures de bureau -écrans, imprimantes, souris, et même chaises de bureau – a augmenté de 142 %. « Amazon et la Fnac font partie du top 10 des marchands sollicités par les professionnels durant cette période, remarque Expensya. De ce fait, les livraisons augmentent et l’on constate une hausse relative de 335% des frais postaux, de coursiers et autres services de livraison. »

Qui dit travail à distance, dit aussi dépenses de téléphonie et d’Internet. A la faveur du confinement, les services des acteurs du secteur des télécommunications sont ainsi devenus le principal poste de notes de frais. « Une explication possible est que les employés augmentent le débit Internet de leur domicile et améliorent leur forfait téléphonique pour compenser l’augmentation d’usage », souligne l’étude. A cela s’ajoutent de nouveaux frais liés à l’utilisation d’applications numériques permettant de collaborer à distance, comme celles de visioconférence, qui ont entraîné une hausse colossale, de 287%, des dépenses destinées à des services en ligne.

Financièrement plus symbolique, mais lourde de sens, les « frais pharmaceutiques » liés à l’achat de matériels de protection, notamment de gel hydroalcoolique, ont, quant à eux, été multipliés par dix, notamment dans les secteurs où les salariés continuent à se déplacer sur leur lieu de travail. Un nouveau poste de dépenses qui ne devrait, contrairement aux autres, pas faiblir avec le déconfinement qui s’annonce.