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le végan, nouvelle folie des industriels, Le Lab/Idées

le végan, nouvelle folie des industriels, Le Lab/Idées

Que le roi du burger McDonald lance aux Etats-Unis son McPlant avec de la viande végétale comme l’Impossible Whooper de son rival Burger King ou que Nestlé commercialise en Suisse le Sensational Vuna un « thon » à base de pois de gluten et de blé : à l’heure de Greta Thunberg, on pouvait s’y attendre. Que Bentley, symbole du luxe britannique, songe à proposer à sa très chic clientèle un modèle tout électrique et végan surprend davantage. On sent pointer la « folie végane » ! A la veille de Noël, dans le quartier branché du Marais à Paris, les sneakers fabriquées à partir de déchets de pommes ou de maïs trônaient en majesté dans les vitrines…

Un vent végan souffle sur la planète. A Hollywood, afficher son soutien à la cause animale en renonçant à manger de la viande et à porter du cuir est devenu très tendance. Désigné par l’association spéciste People for the Ethical Treatment of Animals « personnalité Peta de l’année 2019 », l’acteur oscarisé de « Joker », Joaquin Phoenix, a produit « Gunda », documentaire sorti mi-décembre à New York et à Los Angeles qui suit les dernières heures d’une truie et de ses petits promis à l’abattoir…

« Gunda », documentaire russe, sur la vie d’une truie

En France, ce sont Isabelle Adjani, Yann Arthus-Bertrand, Boris Cyrulnik et 500 personnalités qui ont lancé il y a un an, dans « Le Monde », un appel pour un « lundi vert », sans viande ni poisson. De leur propre aveu, ce n’est qu’un compromis.

Car, pour les puristes héritiers du mouvement lancé en 1944 en Grande-Bretagne par Donald Watson, fondateur de la Vegan Society, le véganisme prône un mode de vie centré sur la préservation des animaux et l’arrêt de leur utilisation à des fins commerciales. Et donc fait d’interdits stricts. Ni viande, ni poisson, ni oeuf, ni lait dans les repas. Ni cuir, ni laine, ni mohair dans les vêtements. Prohibition du miel et du lait d’ânesse dans les cosmétiques. Plus question même de pêcher à la ligne…

20 % de flexitariens en France

Dans les faits, seule une infime minorité – plutôt urbaine et diplômée mais trop réduite pour relever de statistiques fiables – accepte de s’astreindre à ce régime. Même si les associations de défense des animaux ont donné une ampleur médiatique au véganisme grâce aux opérations coup de poing de militants radicaux : happenings publics avec mises en scène et images choc, vidéos dérobées dans les abattoirs, dégradation sur des boucheries.

En revanche, au pays de la côte de boeuf, un Français sur cinq se déclare selon le Crédoc, « flexitarien ». Ce qui signifie, selon la définition retenue, qu’il limite sa consommation de viande pour des raisons autres qu’économiques.

Souci du bien-être animal, considérations de santé individuelle, volonté de protéger la planète en combattant l’élevage, première source d’émissions de CO2 et donc facteur de réchauffement climatique : les motivations des végans et des flexitariens se rejoignent, même si certains sujets divisent la communauté scientifique. Ainsi, pour l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), « l’élevage joue un rôle central dans le cycle de l’alimentation ». « Croire que nous pourrions régler tous nos problèmes en arrêtant de consommer est une erreur contre laquelle l’Inrae s’inscrit en faux », affirmait récemment son président, Philippe Mauguin, aux « Echos ».

Perspectives alléchantes dans l’agroalimentaire

Quoi qu’il en soit, les industriels ne peuvent plus ignorer cette tendance. Les groupes agroalimentaires, à l’affût d’innovations, sont les premiers concernés. Le végan est devenu pour eux un marché promis à un bel avenir. Selon Barclays, les ventes mondiales de produits à base de protéines végétales augmenteraient de 16 % par an. En 2027, elles flirteraient avec les 30 milliards d’euros. De quoi aiguiser les appétits. A cet horizon, Unilever, qui a racheté The Vegetarian Butcher, vise désormais 1 milliard de revenus grâce à cette nouvelle offre.

Le géant anglo-néerlandais mitonne déjà des recettes sans viande ni lait, comme les autres grands acteurs du secteur (Danone, Nestlé etc.) : burgers au soja ou au blé, yaourts sans lait, boissons à l’avoine… Signe des temps, Ikea, qui sert chaque année 1 milliard de ses iconiques boulettes de viande dans ses magasins, vient lui aussi de lancer leurs petites soeurs végétales « au goût et à la texture de la viande ». A écouter la très populaire marque suédoise, en 2025, la moitié des produits proposés dans ses restaurants seront végans.

Les perspectives alléchantes des protéines végétales attirent les investisseurs : aux Etats-Unis, à Hong Kong ou en Israël, de jeunes pousses ont levé, selon Meticulous Market Research, 750 millions de dollars en 2019, rêvant de rivaliser avec les Beyond Meat (300 millions de dollars de revenus) et Impossible Foods. Même si les burgers des deux rois du steak végétal font polémique, accusés d’être « plus proches de la chips que de la salade » dans un article publié par Heated, le site personnel de Mark Bittman, chroniqueur culinaire au « New York Times ».

Bill Gates et Richard Branson derrière la viande in vitro

Prochaine étape, déjà franchie en décembre par Singapour : la commercialisation de la viande in vitro conçue en laboratoire à partir de cellules souches animales. Financiers, milliardaires – Bill Gates, Richard Branson etc. – et même industriels de la viande comme Tyson Foods, premier producteur américain de boeufs, investissent massivement dans son développement. Pour ses partisans, cette viande de synthèse a deux avantages : elle évite l’abattage des animaux et permettra de nourrir une population mondiale en croissance. A l’opposé, ses détracteurs, telle Jocelyne Porcher, sociologue et auteure de « Cause animale, cause du capital », dénoncent « une convergence des intérêts des start-up spécialisées dans la viande cellulaire et les associations activistes comme L214 ».

Dans l’Hexagone, les ventes de produits végans progressent vite (+11 % en 2019, selon Xerfi) même si elles restent modestes en valeur absolue, estimées à 400 millions d’euros.

Pascale Hébel, directrice au Crédoc, note que « les premiers substituts à la viande pour les flexitariens ont été les lentilles et autres légumineuses », qui n’entrent pas dans ces statistiques véganes. Tous les acteurs ambitionnent de « démocratiser » l’offre. « Le marché français a un gros potentiel et devrait connaître une croissance à deux chiffres dans les années à venir », relève Guillaume Gachet, directeur marketing Herta Le bon Végétal chez Nestlé. Confiante, la start-up Les Nouveaux Fermiers, soutenue par le fonds Kima Ventures de Xavier Niel, vient de mettre en route une usine sur le territoire.

Guillaume Dubois et Cédric Meston ont cofondé Les Nouveaux Fermiers
– Les Nouveaux Fermiers

Pour séduire la communauté grandissante des flexitariens, la distribution ouvre ses rayons. Carrefour propose une trentaine de références véganes dans sa gamme Carrefour Veggie. Le groupe Casino, avec ses enseignes Monoprix et Franprix, a été le premier à vendre les burgers et saucisses Beyond Meat. Les retours sont positifs : de plus en plus, les clients qui les goûtent en reprennent. « On va assister à un rééquilibrage entre produits carnés et végétaux. Mais il faut que nos clients qui continuent de manger de la viande retrouvent des goûts qu’ils connaissent », note Corine Aubry-Lecomte, directrice innovation et qualité. Face à l’intérêt, en particulier des jeunes générations, Naturalia, autre filiale de Casino, a ouvert à Paris une quatrième boutique estampillée « végan ». Ici et là, des magasins spécialisés et des restaurants fleurissent.

Le végan a d’ailleurs fait une petite entrée à Rungis, le temple de l’alimentation traditionnelle. Depuis 2016, le charcutier-traiteur Dispéré s’y est mis, sous l’oeil parfois agacé de ses clients bouchers. « Cela représente 10 % de mes revenus, mais mes ventes augmentent de 80 % », indique son directeur général, Yann Berson.

Des progrès et des coups de com

Ce souffle végan commence également à s’inviter dans les garde-robes et les trousses de maquillage. La mode a trouvé son égérie dès 2001 avec Stella McCartney, pionnière dans la défense de l’environnement et des animaux. « Tout ce que je fabrique […] est végan », assurait la créatrice britannique dans « Les Echos Week-End » en novembre dernier pour les vingt ans de sa maison. Piñatex issu de la fibre des feuilles d’ananas et des déchets de marc de raisin ou de pomme pour remplacer le cuir, pelure d’orange pour imiter la soie : après avoir banni la fourrure, la filière, engagée dans une démarche écoresponsable, phosphore sur des matériaux « animal friendly ». Derrière quelques coups de com – H & M et sa collection végétale -, des marques (Veja, Ashoka, Minuit sur Terre…) se sont construites sur la logique végane. De même dans les cosmétiques. Avec une contrepartie : l’impossibilité d’accéder au marché chinois, qui impose les tests sur les animaux.

Et bientôt, des médicaments végans ? C’est le pari de Veggiepharm. Forte des autorisations de mise sur le marché, la société espère commercialiser en 2021 un paracétamol et travaille sur un antihistaminique. Pas besoin de tests sur les animaux. « Nous partons de données existantes », précise Kevin Bondiguel, responsable du développement.

La France « en retard »

Engagées dans l’écologie, les éditions La Plage, dont le best-seller « Végan » s’est vendu à 88.000 exemplaires, projettent, elles aussi, de lancer une revue bisannuelle intitulée « B12 » – la vitamine qui manque justement aux végans « purs et durs ». « Nous voulons montrer que l’on peut changer son mode de consommation en étant plus respectueux des animaux et de la planète », explique la directrice Céline Le Lamer.

Les associations de défense des animaux admettent des « progrès ». « Mais cela évolue encore trop lentement », regrette Alexandra Blanc. Pour la fondatrice de Vegan Impact, « la France est en retard ». « Au pays de la gastronomie, il faut déconstruire un modèle solidement ancré », analyse-t-elle. Après avoir testé son Rebel Whopper à base de plantes dans une dizaine de restaurants l’été dernier, Burger King n’a d’ailleurs pas encore décidé de le lancer à grande échelle. Raison invoquée : le marché français « accélère » mais il « n’a pas la maturité des Etats-Unis ou de certains pays d’Europe du Nord ».

La vague ébranle en tout cas le monde de l’élevage. « Ce que vise une association comme L214, c’est la fin de l’élevage, pas le bien-être animal », accuse Etienne Gangneron, vice-président de la FNSEA, principal syndicat agricole français.

Remontés contre le radicalisme des débats, les défenseurs de la filière refusent que leur terminologie soit récupérée par des substituts aux plantes. Au nom du risque de confusion du consommateur. « En France, le décret de janvier 2010 prévoit que seul le cuir d’origine animale peut se prévaloir du terme ‘cuir’ », rappelle Frank Boehly, président du Conseil national du cuir, qui représente 12.800 entreprises et pèse 25 milliards d’euros. Et, en plus, ces succédanés sont souvent issus de la pétrochimie.

Si l’industrie du lait a déjà gagné la bataille avec l’interdiction des appellations « lait », « yaourt », « crème », celle de la viande attend encore le décret d’application qui doit supprimer « steak », « saucisse », « émincé » du vocabulaire végan.

Achats d’actions Kering, Burberry

Tout le monde a compris que le phénomène ne serait pas un feu de paille. La question animale fait désormais partie du débat public. « Le gouvernement a adopté des textes qui vont dans le bon sens », se félicite Anissa Putois, porte-parole de Peta France. Interdiction d’utiliser des animaux sauvages dans les cirques, fermeture en 2025 des élevages de visons… D’autres fronts sont déjà ouverts. « Nous attendons des pouvoirs publics qu’ils accompagnent la transition alimentaire », dit-elle. Par ailleurs, profitant de la chute des cours de Bourse au début de la pandémie de Covid-19, Peta Etats-Unis a acquis des actions Kering, Ralph Lauren, Burberry, afin de pouvoir participer aux assemblées générales de ces géants du luxe. Objectif revendiqué : intervenir en séance pour les pousser à bannir de leur collection la laine, le mohair et le cachemire… La « folie végane » s’installe bien dans le paysage.

entrepreneurs français à l'étranger, les oubliés de la crise, La communauté

entrepreneurs français à l'étranger, les oubliés de la crise, La communauté

Ce couple de français, propriétaire depuis deux décennies d’un hôtel de luxe aux Philippines, en lien avec les agences de voyages françaises, ne vend plus de chambre depuis près d’un an. En Inde, le créateur de Café Noir, une enseigne de viennoiserie et de pâtisserie françaises, a fini par revenir les poches vides dans l’Hexagone. Autant de récits sur ces grandes oubliées du plan de relance que sont les entreprises créées par des Français à l’étranger torpillées par le Covid-19.

Etant de droit local, elles n’ont accès à aucune aide française, et 87 % d’entre elles – pour la plupart des TPE – ne bénéficieraient d’aucun soutien dans leur pays d’implantation. Dans un rapport publié le 17 décembre, la sénatrice Jacky Deromedi (LR), qui représente les Français établis hors de France, tire la sonnette d’alarme sur la situation des entreprises françaises à l’étranger (EFE). Selon elle, 70 % des EFE prévoient un chiffre d’affaires en baisse en 2020 et 30 % ont déjà déposé le bilan.

Un label « France Impact »

« Et pourtant ce sont des entreprises qui vendent la marque France, qui font rayonner notre culture et notre savoir-faire, on ne peut plus considérer que notre influence ne se fait qu’à travers la diplomatie » enrage Anne Genetet, députée (LREM) des Français d’Asie, qui a déposé fin décembre une proposition de loi pour créer un label d’Etat « France Impact » permettant d’identifier ces entrepreneurs pour mieux les accompagner.

Car problème, pour l’heure, aucune donnée ne permet de les identifier. Tout juste évalue-t-on à 2,5 à 3 millions le nombre de français établis à l’étranger (hors expatriés). « Dans ces activités créées, il y a des joint-ventures, des sociétés de droit local, des filiales, c’est très compliqué de les repérer », glisse Anne Genetet. Ces élus redoutent un retour en masse de ces entrepreneurs déçus, la délégation sénatoriale estimant que 30 % des patrons d’EFE sont déjà rentrés en France depuis le début de la crise sanitaire.

Savoir-faire

Dans une enquête conduite en avril 2020 par le Comité national des conseillers du commerce extérieur de la France (CCCF), 37 % de ces entreprises à l’étranger revendiquent la marque France et 52 % utilisent le savoir-faire français dans le domaine de la propriété intellectuelle. On les retrouve le plus souvent dans le consulting et l’audit, l’alimentation, les boissons (vins et spiritueux), l’informatique, ou l’hôtellerie-restauration.

Pour l’heure, des avancées ont eu lieu dans l’aide sociale aux Français à l’étranger et pour les bourses scolaires. Des discussions sont en cours pour élargir l’intervention de Proparco (filiale de l’AFD), qui apporte des garanties d’Etat aux entrepreneurs, dans des pays ailleurs que sur le continent africain.

Solidarité avec les entrepreneurs
Dans cette période difficile, les entrepreneurs et dirigeants de TPE-PME ont plus que jamais besoin d’être accompagnés. Le site Les Echos Entrepreneurs apporte sa contribution en proposant informations et témoignages gratuitement pour les prochaines semaines. Pour rester informés de l’actualité entrepreneurs et startups, pensez à vous abonner à notre newsletter.
Empow'Her propulse les femmes à la barre d'entreprises à impact, Networking

Empow'Her propulse les femmes à la barre d'entreprises à impact, Networking

Dans la myriade de
réseaux féminins actifs en France
– environ cinq cents -, Empow’Her fait figure d’exception. Créée en 2013, la structure a un statut d’ONG, active aujourd’hui au Niger, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso. Son credo : promouvoir un entrepreneuriat inclusif qui favorise l’autonomisation des femmes.

En 2016, Empow’Her lance son action en France avec Women Act. « Nous avons choisi d’axer notre programme sur l’entrepreneuriat social car nous avons remarqué que, dans ce type d’entrepreneuriat, même si les femmes sont souvent à l’origine du projet, les instances dirigeantes comportent une grosse majorité d’hommes », témoigne Joséphine Py, responsable des programmes France-Europe d’Empow’Her. Or, en 2016, il existait très peu d’offres d’accompagnement dans ce secteur. « Et encore moins sur le thème du leadership », précise-t-elle.

Un manque que confirme Alexandra Morge Rochette, fondatrice en 2017 de Fabulabox, une marque de jouets 100 % made in France. « Je ne trouvais pas dans les autres réseaux des entreprises avec un engagement social et environnemental. Je me sentais en décalage en termes de raison d’être de l’entreprise. » Elle est l’une des entrepreneures à avoir suivi le programme Women Act.

Entraide entre porteuses de projet

Empow’Her propose un accompagnement de dix mois pour renforcer la posture d’actrice du changement. Il s’articule autour d’un
volet individuel sous forme de mentorat
puis un volet collectif. Ce format de groupe consiste en douze jours de séminaires « au vert » pour créer du lien et des synergies. Trois ans après la première édition, c’est sur ces points que l’ONG constate le plus de résultats. « Il est difficile de mesurer les synergies, mais nous en avons des exemples concrets, comme cette entrepreneure qui a accueilli dans ses locaux deux autres porteuses de projet », raconte Joséphine Py. Ou une entrepreneure du secteur de la maroquinerie qui a donné ses chutes de cuir à une créatrice de marque de chaussures éthique…

Le format favorise l’entraide. L’an dernier, Alexandra Morge Rochette, la fondatrice de Fabulabox, a participé aux séminaires qui ont rassemblé trente femmes aux profils et projets très différents. Mais toutes portées par des valeurs sociales et solidaires. Une expérience humaine très forte pour l’entrepreneure. « Nous dormions dans des chambres partagées, loin du quotidien, des enfants, de l’entreprise. Nous étions toutes là avec la même volonté : avoir un impact positif sur le monde. »

Les journées sont studieuses. « Le programme de formation était à la fois technique et personnel, sur des thématiques comme l’affirmation de soi », relate Alexandra Morge Rochette. En termes de développement personnel, 88 % des femmes disent avoir plus confiance en elles et 86 % considèrent être montées en compétence. Et 90 % des participantes déclarent avoir développé leur réseau. Les porteuses de projet reçoivent également des outils permettant par exemple la priorisation des tâches. Women Act a rempli son objectif de création d’un écosystème entrepreneurial. « Suite à la formation, nous avons gardé des liens. Une des participantes assure ainsi mes relations presse depuis dix-huit mois. »

Aider les femmes à sauter le pas de l’entrepreneuriat

Pour sa quatrième édition, cette année, le programme Women Act accueillera 210 femmes. Parallèlement, Empow’Her multiplie les projets. D’abord, son premier festival, en septembre 2020, à la Cité Fertile, à Pantin, qui a accueilli 3.000 visiteurs pour un cycle de conférences et d’ateliers. Ensuite, un programme à destination des Franciliennes pour les aider à sauter le pas de l’entrepreneuriat. Formation et accompagnement collectifs, rencontres réseaux… « l’objectif est d’aller les chercher au tout début du projet », précise Joséphine Py.

Enfin, Empow’Her envisage une version européenne du Women Act pour élargir son action sur le Vieux Continent. Un projet à deux étages : des séminaires, d’une part, et la constitution d’une communauté en ligne, d’autre part. « L’objectif, cette fois, est d’accueillir toutes les entrepreneures, quel que soit le type de projet qu’elles portent. »

Babybio se lance dans les cosmétiques et l'hygiène , Marketing et Vente

Babybio se lance dans les cosmétiques et l'hygiène , Marketing et Vente

Après le lait et les petits pots, les gels lavants et les crèmes pour bébé. Pour ses vingt-cinq ans, Babybio, la marque leader de l’alimentation infantile bio qui appartient au groupe familial Vitagermine, s’attaque aux soins et à l’hygiène des enfants en bas âge. Elle lance, sous son nom, une gamme bio de sept produits, au nombre d’ingrédients limité.

« Ce qui n’aurait pas vraiment lieu d’être pour les adultes prend tout son sens dans l’univers du bébé. Le service que nous proposons aux parents autour d’un positionnement très axé sur l’émotion peut aussi bien concerner l’alimentaire que la cosmétique. Les études menées auprès des consommateurs nous ont confirmé qu’ils étaient prêts à nous voir arriver sur ce terrain », remarque le directeur marketing, Stéphane Priou.

Des étiquettes décryptées

Cette extension de marque est menée, côté fabrication, avec un autre groupe familial, Sarbec, qui produit en France et a comme griffe historique Corine de Farme. Les produits eux-mêmes, avec comme ingrédient clé l’extrait de carotte de Provence – manière de rappeler l’origine alimentaire de la marque -, sont positionnés dans la tonalité plaisir de Babybio avec des dénominations comme « bain de malice » pour le gel lavant ou « pluie délicate » pour l’eau nettoyante.

Les étiquettes donnent la traduction en langage courant des mentions obligatoires de la composition : « helianthus annuus seed oil » est ainsi de l’huile de tournesol de France, « cera alba », de la cire d’abeille. Quant aux lingettes, elles sont en coton bio lavable.

Le choix a été fait de vendre cette gamme dans les magasins bio, les pharmacies et sur le site marchand de la marque, lancé fin 2019. Une manière de se faire une place sur un nouveau territoire avant, peut être, un jour, une arrivée des produits de soin en super et hypermarchés.

Côté alimentation, la marque, qui a deux usines, l’une en Gironde et l’autre dans la Creuse, est aussi présente en distribution spécialisée. Mais elle s’est d’abord fait une belle place en grande surface. Elle y est leader du bio pour bébé et occupe la troisième position des marques nationales en nutrition infantile tous types de produits confondus, avec 6,1 % de part de marché fin 2020. Elle a également sorti l’an dernier ses premiers produits dont les ingrédients sont issus des deux fermes que l’entreprise a acquises.

Un marché bataillé

Babybio a réussi à défendre en 2020 sa position de numéro un sur le segment bio en réalisant des ventes en grande distribution de 49 millions d’euros, en hausse de 1,2 % par rapport à 2019. Même si la période du premier confinement a été plus complexe et si la concurrence devient plus rude. En deux ans, les marques de distributeurs ont ainsi fait basculer leurs gammes de nutrition infantile en bio tandis que les poids lourds Blédina (Danone) et Nestlé proposent aussi en bio une partie croissante de leur offre.

Au total, Vitagermine a enregistré l’an dernier un chiffre d’affaires de 76 millions d’euros, incluant la marque Vitabio et, surtout, tous les circuits de Babybio. Ce dernier entend bien continuer à se développer sur l’alimentaire et désormais la cosmétique. Mais il n’exclut pas de capitaliser sur un nom. Celui-ci n’évoque pas seulement ce qui se mange, contrairement à ses concurrents, ce qui pourrait permettre d’étendre à l’avenir sa marque à d’autres produits destinés aux bébés.

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record battu malgré la crise du Coronavirus, Actu

record battu malgré la crise du Coronavirus, Actu

Rien n’y a fait. L’année 2020 a beau avoir été une succession de difficultés, avec l’épidémie de Covid, les confinements et la crise économique, cela n’a pas empêché les Français de continuer à créer leur entreprise. Selon les chiffres publiés ce vendredi 15 janvier par l’Insee, l’année dernière a même été un millésime record en la matière. Près de 850.000 entreprises ont été créées l’an passé en France, soit presque 35.000 de plus qu’en 2019 .

Avec un point notable : ce sont surtout les entreprises individuelles qui ont participé à cette dynamique . Leur nombre a en effet progressé de 6 %, à 630.000. Les créations d’autres types d’entreprises sont, elles, restées stables l’an passé, ce qui, pour une année de crise, est déjà en soi une performance remarquable, alors que l’activité économique a chuté de près de 10 %.

Forte appétence des jeunes

Comment expliquer cette fièvre entrepreneuriale des Français alors que le pays traverse la pire crise économique depuis près d’un siècle ? Les créations d’entreprises ont été particulièrement importantes dans le secteur « transports et entreposage », selon la terminologie de l’Insee. En clair, les livreurs de repas et les chauffeurs de VTC ont été nombreux à se lancer. La demande de livraison de repas à domicile a fortement augmenté avec l’épidémie de Covid-19 et les Français se sont adaptés pour y répondre en devenant micro-entrepreneurs. « Les créations d’entreprises ont été fortes dans les secteurs affectés par le confinement », note ainsi Sylvain Broyer, chef économiste de l’agence de notation S & P Global ratings.

« Certains salariés ont été angoissés par le chômage partiel ou par la situation économique de leur employeur et se sont lancés », explique François Hurel, le président de l’Union des autoentrepreneurs. « Il y a toujours une forte appétence des jeunes qui ne trouvent pas de travail et créent leur emploi en se lançant dans l’indépendance », poursuit-il. Et, « le développement du télétravail depuis le début de l’épidémie a donné à certains le goût de l’indépendance ». Difficile de ne pas y voir une sorte de défiance vis-à-vis du management et de la bureaucratie de l’entreprise en général.

Destruction créatrice

Ce mouvement a des côtés très positifs. « Le Covid-19 a secoué le tissu économique français. Cette crise peut certes créer des entreprises zombies, des entreprises peu productives qui investissent peu, mais on voit avec les chiffres de créations d’entreprises, que c’est aussi un moment schumpétérien de destruction créatrice. La création de nouvelle richesse est en cours puisque le tissu productif français se renouvelle à un rythme sans précédent », estime Sylvain Broyer.

Mais l’explosion du nombre de microentreprises ces dernières années crée aussi des difficultés. Beaucoup de micro-entrepreneurs déjà existants ont été fortement affectés par la pandémie et les restrictions sanitaires et leurs revenus ont chuté. Or, le filet de sécurité qui les protège est tout de même moins important que celui dont bénéficient les salariés. Ce sera à coup sûr un des défis de 2021 du gouvernement de les accompagner au mieux pour repartir.

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Weldom vise les 600 points de vente « de proximité », Franchise

Weldom vise les 600 points de vente « de proximité », Franchise

Pour l’enseigne de bricolage Weldom, la crise sanitaire n’a fait qu’amplifier la double injonction émise par le consommateur, réclamant à la fois plus de proximité et d’offre numérique.

Face à cette problématique, le réseau s’est donné pour objectif « d’offrir une solution de distribution à vingt minutes environ de chaque Français », selon Eric Béchu, directeur général de Weldom. Pour y parvenir, Weldom, dont le siège est à Breuil-le-Sec (Oise), va s’étendre dans l’Hexagone. Aujourd’hui composé de 353 magasins, dont 213 sous enseigne et 140 indépendants partenaires, le réseau devrait atteindre 600 points de vente d’ici à cinq ans, réalisant 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires, contre 827 millions en 2019.

Nouvelle offre commerciale

Weldom, détenu par Adeo, par ailleurs propriétaire de Leroy Merlin, compte encourager la création de ces magasins, compris entre 1.000 et 3.000 mètres carrés, via un plan de soutien et d’accompagnement. « La mise de départ sera de 150.000 euros environ pour les franchisés », explique Eric Béchu. Selon le groupe, ce développement ne marquera pas seulement l’extension du réseau, mais bien la mise en place d’une nouvelle offre commerciale, basée sur des concepts de magasins « modulaires », dès 500 mètres carrés, et sur le numérique.

En fonction des territoires, l’offre produits ne sera plus strictement homogène, mais pourra varier entre 10 % et 15 % afin de s’adapter aux spécificités locales. Les tests – concluants – menés depuis deux ans en Bretagne, en Alsace et dans le Centre-Val de Loire ont conduit l’enseigne à généraliser son concept. Ce dernier sera toutefois affiné dans les prochaines semaines via le « comité national de coconstruction » spécialement mis en place, où siègent notamment des représentants des franchisés. « Face à la demande de proximité, notre réseau doit faire preuve de souplesse pour être connecté au terrain. Le confinement nous a donné raison puisque cette année, malgré la crise, nous enregistrons une croissance de 7 % », souligne le dirigeant.

Avec Leroy Merlin

Cette proximité devra se conjuguer avec une offre en ligne renouvelée. Aiguillé par les sites Internet, le groupe a « triplé ses investissements sur le digital », selon Eric Béchu, afin de mettre en place une plateforme Web qui permettra de multiplier à terme par trois le nombre de références proposées sur la Toile, contre 40.000 actuellement. « Pour cela, des synergies vont être trouvées avec Leroy Merlin », souligne le directeur général. Une nouvelle alliance vient également d’être nouée avec Outimag, une centrale d’achat en outillage fédérant quelque 130 magasins indépendants.

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les principales nouveautés fiscales pour les professionnels

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En matière de fiscalité professionnelle, la loi de finances pour 2021 met en œuvre le fameux allègement des impôts de production prévu par le plan de relance de l’économie, un allègement qui concerne autant la CFE et la CVAE que la taxe foncière des établissements industriels. Et, autre aide apportée aux entreprises pour leur permettre de renforcer leurs fonds propres, les réévaluations d’actifs pourront temporairement être mises en œuvre en profitant d’une relative clémence fiscale. Sans oublier de nombreuses autres nouveautés que nous vous proposons de découvrir maintenant.

La Rédaction

Un crédit d’impôt est mis en place pour accompagner les entreprises dans leur transition écologique. Objectif affiché : participer à la réduction de…

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Appliquant l’une des mesures du plan de relance de l’économie, la loi de finances met en œuvre un allègement des impôts dits « de production »,…

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Lorsque l’activité est exercée au sein d’une société (SAS, SARL…), les bénéfices sont, en principe, taxés, de plein droit ou sur option, à…

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L’an dernier, la fiscalité des véhicules a fait l’objet d’une importante réforme, qui est renforcée cette année.

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La loi de finances comporte plusieurs mesures en matière sociale. Voici une présentation des principales nouveautés.

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Evok Hôtels gère son personnel au plus près pour rester ouvert, Social et RH

Evok Hôtels gère son personnel au plus près pour rester ouvert, Social et RH

Master class en cuisine, live musicaux, collaborations artistiques, librairie éphémère, pop-up chics… le groupe indépendant Evok Hôtels Collection est passé en mode offensif pour se rappeler au bon souvenir de la clientèle et intensifier la présence de ses établissements sur les réseaux sociaux. ​« Il faut défendre la puissance de nos marques et trouver des idées pour continuer à exister », résume l’hyperactif Emmanuel Sauvage, cofondateur et directeur général.

Contrairement à ceux qui ont décidé de rester fermés depuis le premier confinement pour éviter les charges de personnel en l’absence d’activité normale, le Brach, le Nolinski, le Sinner et la Cour des Vosges ont rouvert depuis le 25 mai. « Même lorsque nous sommes fermés, nous avons besoin de trois salariés par jour ; je suis donc parti du principe que je ne pouvais échapper à cette charge fixe », confie celui qui est considéré dans le secteur comme un petit prodige de la nouvelle hôtellerie de luxe.

Personnel plus polyvalent

Le taux d’occupation de ces 5 étoiles oscille aujourd’hui entre 3 % et 40 %, des différences dues à la localisation dans la capitale et au type de clientèle. Avec son restaurant, sa terrasse, son potager, ses soirées et son club de sport avec piscines, le Brach, établissement du 16e arrondissement conçu par Philippe Starck, s’est construit, en moins de deux ans d’existence d’avant-Covid, une réputation de lieu de vie et d’expériences. Et si l’épidémie limite singulièrement le vécu, l’hôtel, qui compte des habitués parmi ses clients, veille à régulièrement retravailler ses offres. Par exemple, la carte de room service est renouvelée tous les quinze jours.

Pour « ne pas perdre plus d’argent en étant ouverts qu’en restant fermés », la direction a mené de front une réorganisation avec un parti pris qui se démarque de celui des palaces : pas question de baisser les prix. La gestion du personnel relève d’un travail d’orfèvre : chaque matin, les chefs de service s’accordent avec la direction administrative et financière pour adapter le plus finement possible le personnel au nombre des réservations. Le reste des équipes est au chômage partiel et « les présents sont beaucoup plus polyvalents qu’avant », précise Emmanuel Sauvage.

Lancée avec le premier déconfinement, la démarche, sans cesse affinée, est devenue une routine de management. En cas de faible fréquentation, la réception se charge des bagages et de la voiture. « Les clients sont heureux que l’hôtel soit ouvert et compréhensifs », dit le dirigeant.

Avant la pandémie, le groupe hôtelier, en plein développement, avait l’ambitieux objectif de réaliser un chiffre d’affaires de 45 millions d’euros au titre de l’année 2020. Il en aura réalisé 30 %.

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L'UE ouvre la porte à l'usage d'insectes dans l'alimentation humaine, Le Lab/Idées

L'UE ouvre la porte à l'usage d'insectes dans l'alimentation humaine, Le Lab/Idées

C’est une première. L’Autorité européenne de la sécurité des aliments (EFSA) vient de rendre un avis favorable à l’utilisation dans l’alimentation humaine du Scarabée Molitor, communément appelé « ver de farine ». Une grande nouvelle pour la start-up française Ÿnsect, qui élève et transforme déjà ces insectes – mais seulement pour fabriquer des engrais et nourrir les animaux de compagnie ou les poissons.

Tous les obstacles ne sont pas encore franchis pour autant. C’est à la Commission européenne qu’il reviendra de donner l’autorisation de mise en marché et de préciser les critères de fabrication et de commercialisation. Une démarche qui prendra plusieurs mois, d’autant que la Direction de la Santé de l’exécutif bruxellois peut réclamer des compléments d’information.

La voie est ouverte

En outre, l’EFSA pointe le risque d’allergie à la consommation d’insectes. Ÿnsect dit avoir anticipé cette objection en déposant un dossier montrant, sur la base d’études de l’Université médicale d’Utrecht que, « si le risque existe, il est largement diminué pour les ingrédients à base de protéines d’insectes déshuilés, que propose Ÿnsect ».

Antoine Hubert, président et co-fondateur de la start-up, voit dans l’avis de l’EFSA « une étape clé pour toute la filière, vers la commercialisation du scarabée Molitor pour l’alimentation humaine. Il ouvre la voie à de futures autorisations d’ingrédients à base de protéines d’insectes déshuilés dans l’alimentation humaine, le marché le plus prometteur en valeur et en volume ».

Premier contrat

Ynsect a signé un premier contrat pluriannuel pour fournir des farines de scarabée Molitor à usage des sportifs et prépare son dossier pour le marché américain. « Associées à des fibres, des minéraux, des probiotiques et un équilibre favorable des acides gras, les protéines d’insectes sont particulièrement adaptées aux athlètes et aux consommateurs soucieux de leur santé et de leur forme physique », affirme Antoine Hubert. Ce dernier estime que l’alimentation humaine représentera 10 % d’un chiffre d’affaires de 500 millions d’euros d’ici 5 ans.

Fondée en 2011, Ÿnsect est le leader mondial de la production de protéines d’insectes et d’engrais. Il exploite « des technologies de rupture protégées par 260 brevets issus de 30 familles, lui permettant d’élever des scarabées Molitor dans des fermes verticales à empreinte carbone négative ». La première unité de production, à Dole (Jura), fonctionne depuis 2016. Ÿnsect construit actuellement une seconde unité, « la plus grande ferme verticale du monde », à Amiens dans la Somme. La société qui emploie 150 salariés a levé environ 435 millions de dollars auprès de divers investisseurs et exporte ses produits dans le monde entier.

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BorderLine internalise sa production, Marketing et Vente

BorderLine internalise sa production, Marketing et Vente

Nous sommes en 2010. Sébastien Specht et trois autres copains de promo sortent tout juste de leur école de commerce. C’est aussi le début des nouvelles tendances de l’agroalimentaire. « À côté des grosses boîtes, on a pensé qu’il y avait de l’espace », se souvient Sébastien. L’espace, tous les quatre finissent par l’identifier dans les boissons soft. Leur constat était clair : beaucoup trop d’alcool « cheap » mélangé à des jus de fruits qui le sont tout autant. Pas de parfum. Alors, ils mènent leur étude de marché, formulent leur premier business model et travaillent sur la création de deux premières boissons en soignant le marketing produit. Le modèle des débuts est en B2C.

BorderLine

Activité : production et commercialisation de jus de fruits. Année de création : 2010. Nombre de salariés : 3 + 4 cofondateurs d’origine. Chiffre d’affaires 2018 : « Autour d’un million d’euros ». Partenariats : chefs de cuisine réputés. Atouts concurrentiels : des goûts très originaux, 100 % naturel. Typologie de clients : B2C au démarrage, puis pivot vers B2B (hôtels, grands restaurants…).

Des jus de qualité, avec du goût ! Mais sans additifs ni arôme de synthèse. La Nymphette Délicieuse (fraise-goyave-violette) et Le Dandy des Bas-Fonds (poire-cannelle-rhubarbe) sortent de la cuve. […] Un premier succès ciblé vers l’univers des consommateurs qui puissent s’identifier au nom et au goût de la boisson. La ligne de création est dès lors définie et ne variera pas : moderniser le goût sans (trop) dérouter le consommateur . Il faut également – surtout ! – créer un design attrayant et reconnaissable.

Des débuts laborieux

BorderLine a alors travaillé avec plusieurs agences. Ainsi, après avoir été modifiée quatre fois en neuf ans, la forme de la bouteille est, pour l’heure, stabilisée. Il importe aussi que la bouteille produite soit fidèle au design et apte au processus d’embouteillage de l’industriel. Par itérations successives, BorderLine a concilié création et industrialisation avec ses fournisseurs.

Dès le départ, BorderLine doit financer la production de l’équivalent d’un demi-camion citerne, soit 100.000 bouteilles. Chacun des associés apporte 15.000,00 euros ; ils vendent leurs voitures, contractent un prêt d’honneur  puis un prêt bancaire . Au total, 50.000,00 euros sont récoltés. La production de jus est le vrai sujet des débuts parce qu’« aucun d’entre nous n’a cette fibre-là ! » s’exclame Sébastien. Ils écrivent alors scrupuleusement leur cahier des charges , rencontrent de nombreux sous-traitants potentiels et choisissent celui qui offre la meilleure réponse au challenge technico-économique.

C’est le producteur qui achète les fruits, met au point la recette et produit le jus, toujours sur la base du cahier des charges. Sébastien souligne toute l’importance qu’il continue d’attacher de manière croissante à la matière première. […] La question du stock, elle, reste centrale car la production se fait sur la base d’une année de consommation et le produit a sa propre durée de vie. […]

La stratégie de BorderLine a évolué de fait principalement sous l’impulsion du goût, des circuits de distribution et des financements. La tendance pour le goût s’est affirmée sous le signe de la santé : des produits sains et naturels, respectueux de leur environnement. BorderLine a beaucoup oeuvré dans ce sens. « On travaille avec des chefs mais on ne l’affiche pas », souligne Sébastien.

BorderLine se positionne sur des jus haut de gamme, sans additifs ni arôme de synthèse, avec une priorité donnée au goût.
– BorderLine & La Boissonnerie de Paris

Du BtoC au BtoB

La tendance de la distribution s’est orientée vers des produits moins industriels avec des circuits courts, locaux. « On aime bien être un peu à contre-courant sans pour autant être ostentatoire dans l’affichage », complète-t‑il. Le B2C avait ses limites et « on s’est beaucoup cherchés », pendant ces premières années. Il aurait fallu vendre des quantités astronomiques de petites bouteilles de 25 centilitres pour dégager un résultat positif, avec un coût d’acquisition client par le Web considérable.

L’équipe bataillait avec des recettes compliquées, une maîtrise défaillante de la gestion de la production et une bouteille peu esthétique. Les investisseurs n’étaient pas prêts à suivre. L’entreprise allait assez mal. Pourtant, les associés ont pris goût à la production ; ils décident alors d’intégrer celle-ci en interne… et « ça a tout changé ». BorderLine redémarre en se concentrant sur le segment cafés-bars-restaurants (CBR) qui représentait alors un petit tiers du chiffre d’affaires.

« On est passés de notre image de jeunes dip’ à une image d’artisans. » Et puis avec la clientèle des CBR, le sujet du stock énorme nécessaire au B2C n’est plus un problème. Il s’agit dès lors de suivre la demande des chaînes de restaurants, des hôtels, des cafés et celle des gros distributeurs en tablant sur l’atout qualité du produit bien davantage que sur le marketing. […]

Un renouveau dans des proportions plus raisonnables

C’est sur ces bases néanmoins beaucoup plus robustes que BorderLine a lancé une ligne de produits avec une marque distributeur : La Boissonnerie de Paris, une collection de purs jus de nectars. De quinze collaborateurs – un effectif quelque peu foisonnant au regard de la réalité des premières années -, BorderLine est passée à trois, plus les quatre actionnaires d’origine, opérationnels. Et, surtout, elle réalise un  chiffre d’affaires plus important : 100 % de croissance en 2018 ! L’équipe travaille beaucoup mieux dans une petite entreprise structurée, professionnalisée, reconnue par les circuits de distribution, libérée de l’idée fixe de la communication, soutenue par un investisseur et de nouveaux partenaires bancaires. […]

Sébastien nous livre quatre enseignements de son expérience d’entrepreneur : «  N’écoutez pas tous les conseils. On nous avait dit : ‘Ne produisez pas vous-mêmes.’ Cela s’est révélé être une erreur car c’est un process clé que BorderLine se devait et se doit de maîtriser. »

« Au début, on a ‘cramé’ l’argent en communication ; ce n’était pas le bon business plan. Dans un modèle B2C, il faut bien mesurer les coûts d’acquisition de la clientèle et leur financement. »

Pauline Lahary et Alain Van Kote, auteurs de ‘Votre Business Model sur mesure’, paru aux éditions Eyrolles.
– Eyrolles

Les auteurs

Pauline Lahary est fondatrice de Mycvfactory, qui réalise des CV sur mesure. Alain Van Kote dirige quant à lui Alpha Omega Consultancy, qui propose une offre de coaching professionnel aux managers. Ce texte est extrait de leur livre « Votre business model sur mesure » paru aux éditions Eyrolles, 278 pages, 25 euros.

La crise du Covid-19

2020 a été une année mouvementée pour BorderLine : « Notre côté optimiste nous a joué des tours, on ne pensait pas être confinés. Du coup au printemps on a perdu 98 % de notre chiffre d’affaires par rapport à 2019 » avoue Sébastien Specht. « On a même dû souscrire un PGE de 180.000 euros. » L’arrêt de l’activité a permis aux entrepreneurs de penser à l’avenir. L’entreprise a investi massivement pour doubler son nombre de références, passer la moitié de ses produits en bio et se mettre à vendre proposer ses produits aux épiceries fines, en vue d’un second confinement. Résultat, les ventes ont explosé durant le premier déconfinement, avec « + 120 % de chiffre d’affaires » et le deuxième confinement a été moins rude que le premier, avec tout de même une baisse de 55 % des ventes par rapport à la même période en l’année précédente. « Au final, on s’en est plutôt bien sorti, avec une baisse de 2 % du chiffre sur l’année complète. On est contents, même si on s’attendait à une croissance de 60 % et qu’avec les investissements, on est nettement déficitaires. » Léo Da Veiga