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Covid-19 : comment la dématérialisation dope la résilience de Butagaz, Achats

Covid-19 : comment la dématérialisation dope la résilience de Butagaz, Achats

Des envois postaux 
réduits à la portion congrue
, personne dans les bureaux pour ouvrir le courrier et récupérer les factures ou les chèques… La situation est actuellement très difficile pour les entreprises qui ne s’étaient pas encore engagées sur le chemin de la digitalisation, tant côté clients que côté fournisseurs. Nicolas Rousseaux, chef de projet IT de Butagaz, avait heureusement pris les devants il y a un an, en mettant en place un processus digitalisé 
de traitement de ses factures fournisseurs
, avec l’éditeur Esker.

Le projet est né, tout d’abord, d’une incitation de la maison mère, le groupe irlandais DCC. « Le groupe est très avancé en matière de digitalisation. Il nous a demandé d’avoir des actions en ce sens, explique Nicolas Rousseaux, qui a mené le projet, en lien avec la direction comptable et financière du fournisseur d’énergie. L’idée est de mener toute une vague de dématérialisation : nous sommes déjà équipés depuis longtemps côté clients, mais il nous restait les contrats fournisseurs, les flux achats, etc. Nous avons choisi de commencer par la fin et de remonter la chaîne : c’était plus simple et plus logique. Ainsi nous avons commencé par la dématérialisation de nos factures fournisseurs, un process bien rodé aujourd’hui et qui permet de dégager rapidement un retour sur investissement. »

Gain de temps

Le projet a été l’occasion de revoir l’ensemble du process achat chez Butagaz. « Alors qu’auparavant, nous recevions beaucoup de factures sans commande, il est désormais obligatoire de passer une commande en amont : elle est nécessaire pour que le système puisse rapprocher facture et commande. Nous avons beaucoup gagné en sécurisation, mais aussi dans la piste d’audit, qui peut désormais être suivie de façon très claire : pour chaque facture, on sait quelles sont les personnes qui sont intervenues, qui a validé, etc. », détaille Nicolas Rousseaux.

Il y a encore deux ans, le service comptabilité fournisseurs du groupe traitait manuellement quelque 20.000 factures par an. En supprimant la gestion des factures papier reçues par La Poste, les équipes ont gagné environ deux heures par jour, un temps qui a pu être affecté à 
des tâches à plus haute valeur ajoutée
. Mais la digitalisation a aussi permis de réduire les pertes de factures, les doubles règlements, ou encore le temps passé sur les relances de validation internes.

Suivi simplifié

Enfin, le suivi de l’activité est aujourd’hui beaucoup plus simple : « La responsable de la comptabilité fournisseurs dispose désormais d’un tableau de bord pour suivre les flux de factures, les documents en attente de validation, ou encore les délais moyens de paiement. Avant, il fallait plutôt jauger à la hauteur de la pile à traiter ! », assure Nicolas Rousseaux. Se débarrasser du papier n’a toutefois pas été simple pour tout le monde. « Certains ont eu du mal à ne plus conserver les factures papier : il a fallu leur démontrer que si les documents sont correctement numérisés et archivés, leur authentification est garantie et ce n’est plus la peine de garder les originaux. »

Un an après la mise en place du projet ? Environ 80 % des factures reçues sont digitalisées. « La montée en charge s’est faite progressivement. Nous n’avons pas fait de communication de masse sur le sujet mais, à chaque nouveau contrat ou commande, nous expliquons notre nouveau process aux fournisseurs. La prise en main de l’outil est très facile pour les intermédiaires », précise Nicolas Rousseaux. L’objectif était d’atteindre 90 % d’ici la fin de l’année 2020 mais, de facto, avec la crise du Covid-19, seules les factures digitales peuvent être traitées. Les autres ? Elles attendent dans leurs enveloppes que quelqu’un passe les chercher.

Covid-19 : comment Faurecia assure sa liquidité, Crédits

Covid-19 : comment Faurecia assure sa liquidité, Crédits

Pour Faurecia, le freinage fut brutal. A la suite des mesures de confinement décidées dans de nombreux pays à travers le monde 
pour tenter d’endiguer la pandémie de Covid-19
, l’équipementier automobile a vu les usines de ses principaux clients, les constructeurs, 
mises à l’arrêt les unes après les autres
. Résultat : « A partir de la mi-mars, nous avions un chiffre d’affaires proche de zéro en Europe, mais aussi aux Amériques, comme cela avait déjà été le cas en Chine au mois de février », constate son directeur financier, Michel Favre. Se pose alors un défi vital, 
celui de la liquidité
, que Faurecia se doit d’assurer.

Afin d’évaluer les multiples impacts de la situation, malgré le manque de visibilité globale, l’équipementier échafaude de nombreux scénarios, y compris les plus sombres, avec, à chaque fois, deux variables : la date d’une potentielle reprise d’activité et la montée, plus ou moins forte, en volume. « Avec une consommation de cash estimée à 1 milliard d’euros au premier semestre, nous avons rapidement acquis la conviction que nous devions accroître notre liquidité pour faire face à toutes les éventualités », explique Michel Favre.

Se tourner vers les banques

Après avoir tiré, pour moitié, sur sa ligne de crédit syndiqué de 1,2 milliard d’euros, le groupe, mis sous surveillance négative par Moody’s 
comme d’autres valeurs du secteur automobile
, décide de se tourner vers les banques 
pour contracter un nouveau prêt
« Deux options s’offraient alors à nous : avoir recours au prêt garanti par l’Etat (PGE) ou monter un club deal », précise le directeur financier qui appelle, lui-même, ses partenaires bancaires pour leur exposer la situation et leur présenter un business plan, construit en fonction des différents scénarios de reprise. « Nous avons finalement opté pour la seconde option, poursuit-il. D’une part car le PGE se fait à coût coûtant, ce qui peut être difficile pour certaines banques ; et d’autre part car nous souhaitions aller le plus vite possible pour nous inscrire dans la limite de risques des banques alors que d’autres secteurs, comme l’aérien et la logistique, sont également très demandeurs. »

En dix jours, l’affaire est conclue et, le 10 avril, Faurecia signe avec quatre de ses banques principales – BNP Paribas, CA-CIB, Société Générale et Natixis – un club deal de 800 millions d’euros. « Avec nos 2,2 milliards d’euros de cash à fin mars, les 600 millions d’euros restants sur notre ligne de crédit syndiqué et cette nouvelle source de financement, nous sommes désormais en mesure de pouvoir faire face à la crise », assure Michel Favre.

Contrôler ses dépenses

D’autant, qu’en parallèle, l’équipementier veille à réduire autant que possible ses dépenses. En plus de 
la mise au chômage partiel de 90 % de ses salariés
, du contrôle strict de la collecte des créances clients et du réajustement de ses stocks, le groupe s’est engagé dans une « gestion rigoureuse » de ses frais de fonctionnement et d’administration, mais aussi de ses dépenses de R&D, et envisage de réduire ses dépenses d’investissement jusqu’à 30 %. « Nous mettons toutefois un point d’honneur à être un bon payeur pour préserver notre tissu fournisseurs car ils seront essentiels au redémarrage de nos activités, ajoute le grand argentier. Nous entretenons un contact très régulier avec eux pour voir comment nous pouvons les aider, en étant le plus transparent possible. »

Car Faurecia a déjà les yeux rivés sur l’après, sur cette reprise qu’il espère la moins lente possible. Déjà, en Europe de l’Est, quelques usines de constructeurs, comme celles de Volkswagen, ont pu partiellement redémarrer. Afin de gagner en visibilité et pouvoir préparer une montée en puissance de sa production dans les meilleures conditions, l’équipementier cultive un lien permanent avec ses clients, du plus haut niveau hiérarchique aux directeurs d’usine en passant par les services achats et commerciaux. « Nous estimons aujourd’hui que la reprise prendra entre trois et six mois minimum, avec l’impact sur les coûts et le cash que cela suppose. Dans tous les cas, nous espérons qu’elle sera rapide pour ne pas avoir à prendre d’autres mesures plus difficiles », conclut Michel Favre.

Confinement : le témoignage de Guillaume Bourget, DAF de transition, Profils

Confinement : le témoignage de Guillaume Bourget, DAF de transition, Profils

C’est en fin de journée, seulement, que Guillaume Bourget s’autorise à ralentir un peu. « Ma femme et moi avons beaucoup de travail mais nous prenons du temps, le soir, pour profiter de la famille », confie ce directeur financier de transition, en poste depuis maintenant un an et demi chez le leader du stationnement Indigo, où il est en charge de  la filiale OpnGO. Installé dans le sud de la France, avec son épouse, CFO et COO de la marque française Vuarnet, et leurs deux filles adolescentes, c’est lui qui se met aux fourneaux – « il est important actuellement de garder une alimentation saine » – et se rend, une ou deux fois par semaine, dès 7 heures du matin, chez les commerçants des alentours pour se ravitailler.

Le reste de la journée, le rythme de Guillaume Bourget  n’a pas beaucoup changé  : de 8 heures à 20 heures environ, il travaille « dans des conditions quasi normales en termes de calme et de concentration » grâce à une pièce isolée et dotée d’une bonne connexion Internet. De fait, si l’activité tourne au ralenti, la charge de travail n’a pas diminué dans le domaine financier : contrôle des achats, prévisions budgétaires,  réestimations des liquidités … « Nous nous rapprochons de moments charnières dans l’année avec, bientôt, les comptes semestriels », souligne le responsable, qui a également planché  sur le sujet du chômage partiel , avec l’aide de la DRH groupe et du management de la filiale.

Enfin, dans le contexte du confinement, le risk management  est plus important que jamais . « Le moment est très propice aux fraudes : il faut être particulièrement attentif au hacking ou aux tentatives d’extorsions de paiement, du type fraude au président. Il faut renforcer les contrôles et communiquer encore plus que d’habitude. Heureusement, nous connaissons bien nos collaborateurs et sommes depuis longtemps habitués à travailler en projets collaboratifs », explique Guillaume Bourget.

Empathie et bienveillance

La communication est aussi un enjeu majeur. « Dans une vie normale de bureau, il se passe beaucoup de choses dans les couloirs, à la cantine, à la cafétéria ou entre deux portes. Il faut actuellement générer, de façon moins naturelle, des espaces de communication pour permettre les échanges et les remontées d’informations », estime-t-il.  Tous les outils sont bons  : appels réguliers, applications comme Teams ou Slack, pour que personne ne se sente isolé ou surpris par une nouvelle tâche. « Il faut anticiper au maximum car les changements de dernière minute peuvent être stressants dans la situation actuelle. Le management doit être ouvert, accessible et fixer des objectifs bien clairs », affirme-t-il.

Ce qu’on gardera de ces semaines étonnantes ? Tout d’abord, l’évidence qu’il faut des process robustes en entreprise. « La situation actuelle montre qu’il est essentiel d’avoir des outils de télétravail qui fonctionnent, davantage d’ordinateurs portables, des process de signature électronique, etc. », assure Guillaume Bourget. Mais aussi plus de souplesse sur le travail à distance. « Il est évident que les gens n’en profitent pas pour en faire le moins possible. Au contraire, beaucoup se sentent très responsables dans leur participation à l’effort global. Certains se découvrent plus autonomes qu’ils ne le pensaient, et se rendent compte qu’ils peuvent s’organiser, même seuls », relève le directeur financier.

Enfin, l’empathie et la bienveillance  ont fait leur entrée dans la vie professionnelle confinée. « Même après quatre ou cinq semaines, les gens continuent de prendre des nouvelles et font montre d’une grande attention à l’autre. On peut espérer que cela laissera des traces dans les comportements en entreprise. »

Prêt garanti par l'Etat : 90 % des bénéficiaires sont des TPE, Crédits

Prêt garanti par l'Etat : 90 % des bénéficiaires sont des TPE, Crédits

C’est un des baromètres de la crise du coronavirus. Bercy publie ce vendredi pour la première fois le détail des premiers prêts garantis par l’Etat (PGE) accordés aux entreprises. Ce dispositif fonctionne comme une
enveloppe de 300 milliards de crédits, octroyés par les banques
, et bénéficiant d’une large couverture publique. Transmis chaque semaine au Parlement, et décliné par région, cet indicateur va permettre de suivre, en léger différé, le portrait-robot des entreprises touchées de plein fouet le brutal arrêt de l’économie.

Cette première édition, arrêtée au 15 avril et dont « Les Echos » ont eu connaissance, indique qu’à cette date, 24 milliards d’euros de PGE avaient été « pré-accordés » au profit de 162.000 entreprises (une semaine plus tard, le montant est de 38 milliards d’euros pour 269.000 entreprises).

En première ligne, les TPE (moins de dix salariés) représentent 90 % des bénéficiaires, et 54 % des montants accordés. Près de 60 % des emprunteurs sont issus des secteurs touchés de plein fouet par le confinement : le commerce (25 %), l’hébergement-restauration (16 %) et la construction-immobilier (15 %).

Les moins solvables sont aussi servis

Au 15 avril, ce sont ainsi 7,6 milliards d’euros qui ont été prêtés aux commerces, et 2,4 milliards aux hôtels et restaurants. Le poids démographique des régions est respecté, avec 17 % des entreprises emprunteuses basées en Ile-de-France (et 25 % des montants pré-accordés), suivie de loin d’Auvergne-Rhône-Alpes (13 % des bénéficiaires et des montants).

Le baromètre portant sur les crédits accordés, il ne permet pas de connaître le nombre de dossiers refusés par les banques. Mais « à peine 1 % des entreprises ayant sollicité un crédit ont ensuite saisi la Médiation du crédit », assure un bon connaisseur. De fait, même des entités moins bien notées (
5 + et au-delà dans l’échelle de la Banque de France
) décrochent un PGE, selon ces statistiques. Elles représentent 11 % des bénéficiaires et 22 % des montants accordés.

Mais il existe logiquement un biais favorable aux entreprises les plus solvables (notées de 3 ++ à 4). Alors qu’elles représentent 10 % des bénéficiaires, elles reçoivent 43 % des montants prêtés. La grande majorité des entreprises bénéficiaires (78 %) sont de taille trop petite pour être notées, mais évaluées au cas par cas par les banques. Elles attirent environ un tiers des crédits accordés (36 %).

Des discussions forcément plus tendues

Ces chiffres correspondent au dispositif prévu pour les entreprises de moins de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires, et pour lequel les banques ont pu s’organiser de façon industrielle, via la BPI.

Les grandes entreprises affichant plus de 1,5 milliard de revenus nécessitent l’accord explicite de l’Etat. Dimanche dernier,
FNAC-Darty a ainsi obtenu un prêt de 500 millions d’euros
. Parmi les financements en discussion figurent Air France-KLM, Conforama ou encore Renault. « Il y a une très bonne raison d’essayer d’obtenir une partie de cette facilité de crédit », a expliqué jeudi Clotilde Delbos, directrice par intérim du constructeur automobile.

Au total, une vingtaine de prêts géants feraient l’objet de discussions, forcément plus tendues que pour les PME. L’Etat, comme les banques posent leurs conditions. « Pour ces financements, le PGE est un outil secondaire, dans le cadre d’une discussion plus large », estime un grand banquier. « Outre la banque, c’est aussi aux actionnaires et aux détenteurs d’obligations de prendre leurs responsabilités. »

Autre cas sensible, celui des start-up, dont la solidité n’est pas toujours aisée à apprécier. « Il va falloir que les investisseurs fassent leur part du job, explique Paul-François Fournier,
directeur exécutif de bpifrance
. C’est raisonnable que l’Etat prenne sa part du risque systémique, mais il est aussi normal que les acteurs du capital-risque prennent leur part. On a néanmoins l’impression que ça joue collectif pour l’instant. »

Prêt garanti par l’Etat : 90 % des bénéficiaires sont des TPE

Renault écarte le risque d'une crise de liquidité malgré le coronavirus, Gestion de trésorerie

Renault écarte le risque d'une crise de liquidité malgré le coronavirus, Gestion de trésorerie

Touché, mais loin d’être coulé. Alors que la situation de Renault est scrutée de près par la communauté financière, ses dirigeants ont tenu à rassurer sur la capacité du Losange à traverser la crise sanitaire actuelle sans crise de liquidité majeure. « Notre position reste confortable », a insisté la directrice générale par intérim Clotilde Delbos, en commentant le chiffre d’affaires trimestriel du groupe.

Traversant déjà des
DECRYPTAGE Le coronavirus place Renault dos au mur
, Renault a vu son chiffre d’affaires plonger de 19,2 % au premier trimestre, à 10,1 milliards d’euros. Ses volumes ont dégringolé de 25,9 %, à 672.962 véhicules, sur un marché mondial en chute de 24,6 %.

A titre de comparaison, PSA a annoncé mardi un recul de son chiffre d’affaires de 15,6 % (à 15,2 milliards d’euros, y compris Faurecia) et de ses volumes de 29 % (à 627.000 véhicules).

Accumulation de stocks

Comme celles de l’ensemble de l’industrie automobile, les usines du Losange sont quasiment toutes à l’arrêt depuis le 16 mars. Et le confinement a provoqué l’accumulation de stocks de véhicules commandés mais non livrés chez les distributeurs – même si le groupe s’est refusé à chiffrer l’impact de la crise sur ce point. « Les stocks sont traditionnellement élevés dans l’automobile fin mars, car le deuxième trimestre est une période de fortes ventes en Europe », relève Thomas Besson, analyste chez Kepler Cheuvreux.

La solvabilité de Renault n’est toutefois pas alarmante à ce stade. Les analystes en tout cas ne sont pas inquiets. Le groupe a certes brûlé 5,5 milliards d’euros de cash au premier trimestre, soit davantage que PSA (4 milliards dont 500 millions par sa filiale Faurecia). Mais ses liquidités disponibles s’élevaient encore à 10,3 milliards d’euros fin mars.

Clotilde Delbos a aussi confirmé que Renault mettrait en place une ligne de crédit supplémentaire,
dans le cadre des prêts garantis par l’état
. « Celle-ci pourrait aller jusqu’à 4 ou 5 milliards d’euros », confirme-t-elle. « Nous y travaillons activement, elle sera en place dans les prochaines semaines ».

Filet de sécurité

De quoi disposer d’un filet de sécurité supplémentaire pour passer la crise. Renault prévoit toujours d’annoncer en mai les détails du vaste plan d’économies décidé en février (2 milliards d’euros d’ici à 2022). « Il faudra voir dans quelle mesure ce plan pourrait éventuellement être affecté par l’aide de l’Etat », avance Thomas Besson. Clotilde Delbos avait indiqué en février
ne pas exclure de fermetures d’usines, y compris en France
, et les analystes craignent notamment que l’Etat conditionne son soutien au maintien de l’emploi dans l’Hexagone. La dirigeante a assuré jeudi que les deux sujets étaient totalement déconnectés.

Renault a déjà annoncé sa décision
de supprimer le dividende prévu au titre de l’exercice 2019
et de baisser de 25 % les rémunérations de son président, Jean-Dominique Senard, et de Clotilde Delbos, au deuxième trimestre. Les administrateurs réduiront aussi leurs jetons de présence.

Redémarrage des usines

En attendant, le Losange prépare activement la reprise. Ses usines ont commencé à redémarrer : après l’Asie,
elles rouvrent doucement en Europe
. Le rebond dépendra de la réouverture des points de vente. « L’activité est déjà repartie en Corée, en Russie, en Turquie », note Clotilde Delbos. « En France, nous n’avons pas d’information sur la réouverture des concessions, mais on s’y prépare. Par nature, elles sont assez faciles à sécuriser, il y a de la place, on peut imaginer des livraisons par rendez-vous ou à domicile. »

Avec leurs nouveaux modèles lancés il y a quelques mois, les best-sellers Clio et Captur ont tout juste maintenu leurs parts de marché sur le trimestre. Les ventes de la citadine électrique Zoe ont, elles, bondi de 81 %, à 21.000 unités. Renault compte toujours sur ses
nouveaux modèles électrifiés
(Clio hybride, Captur et Megane hybrides rechargeables), annoncés dans les concessions au début de l’été, pour relancer ses ventes. Reste à savoir si, avec la crise économique qui s’annonce, l’appétit pour les voitures électriques sera toujours au rendez-vous.

Bercy et les assureurs veulent mieux couvrir les futures pandémies, Gestion des risques

Bercy et les assureurs veulent mieux couvrir les futures pandémies, Gestion des risques

Le calendrier est serré. Mercredi, Bercy et les assureurs ont donné le coup d’envoi des
travaux annoncés sur le développement d’un nouveau système d’assurance.
Celui-ci aiderait les entreprises à affronter des événements exceptionnels tels que les pandémies. L’objectif du ministère de l’Economie est de mettre sur la table des suggestions d’ici au début du mois de juin, « en vue d’une concertation plus large permettant de valider des propositions à l’été », précise-t-il dans un communiqué.

Concrètement, la Fédération française de l’assurance (FFA) et le ministère de l’Economie ont chacun mis sur pied un groupe de travail. La mission des assureurs, parlementaires et représentants d’entreprises participant à ces discussions est d’imaginer une « couverture assurantielle » permettant « aux acteurs économiques de faire face à une baisse du chiffre d’affaires et de poursuivre leur activité dans les meilleures conditions à un coût abordable pour les entreprises et maîtrisé pour la collectivité publique », précise Bercy.

Le régime des catastrophes naturelles inopérant

Cette initiative doit permettre de tirer les leçons de la crise actuelle. Mises à l’arrêt ou forcées de tourner au ralenti, la plupart des entreprises françaises se retrouvent sans filet de sécurité. Certaines avaient souscrit un contrat d’assurance pertes d’exploitation et espéraient obtenir une indemnisation pour amortir leurs difficultés financières.
La plupart des assureurs s’y sont cependant refusés.
Ils arguent que le risque de pandémie n’est pas assurable, sauf à mettre le secteur à genoux.

Des organisations patronales, telles que la CPME, représentant les petites et moyennes entreprises, ont par ailleurs suggéré « d’élargir l’état de catastrophe naturelle à la catastrophe sanitaire que nous traversons ». Pour pallier le manque de couverture des risques naturels, la France dispose en effet d’un dispositif d’assurance spécifique. Il permet, avec l’appui de l’Etat et plus précisément du réassureur public, la Caisse centrale de réassurance, d’indemniser les dommages causés par des inondations, tempêtes, etc.

Le Crédit Mutuel relance le débat

Pour autant, les risques liés à l’épidémie de Covid-19 « ne répondent pas aux caractéristiques des catastrophes naturelles, rendant inopérante la mobilisation de ce régime d’indemnisation », rappelle Bercy. L’indemnisation des dégâts provoqués par les catastrophes naturelles n’est aujourd’hui possible que pour les biens couverts par une assurance dommages, et grâce aux réserves accumulées depuis des années grâce à un prélèvement sur les primes d’assurance. Par ailleurs, l’ampleur des dommages causés par l’épidémie actuelle n’a rien à voir avec celle des dégâts d’une catastrophe naturelle.

D’où la nécessité pour le secteur et les autorités publiques d’imaginer un dispositif complètement nouveau. Le chantier est vaste. Il faut définir les préjudices à indemniser, les entreprises concernées et, surtout le financement du système. Le gendarme des assurances a fait savoir hier qu’à ses yeux une couverture des pertes d’exploitation ne serait envisageable que dans le cadre « d’un régime obligatoire garanti par l’Etat ».

Les discussions sur ce futur régime d’assurance ne devraient en tous les cas pas mettre un terme au débat sur le rôle des assureurs dans la crise à court terme. Le Crédit Mutuel vient de le rouvrir en annonçant qu’il allait verser « une prime de relance » forfaitaire et immédiate pouvant aller jusqu’à 20.000 euros à quelque 27.000 clients professionnels et entreprises ayant souscrit à une assurance multirisque avec pertes d’exploitation. Une geste aussitôt salué par la CPME.

Fiscalité et gestion de crise : s'inspirer de l'étranger, Taxes et Impots

Fiscalité et gestion de crise : s'inspirer de l'étranger, Taxes et Impots

Depuis le début de la crise sanitaire, le gouvernement français a choisi, avec une réactivité et une mobilisation des services fiscaux remarquables, de pallier l’urgence des difficultés de trésorerie des acteurs économiques, en accordant 
de nécessaires reports de paiement des principaux impôts directs
. Pour autant, cette action immédiate sur la trésorerie a été plus partielle que chez nos principaux partenaires, qui, sans idéologie, ont presque tous adopté des mesures en matière de TVA.

Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Portugal, Danemark, Suède, Suisse, Grèce… Tous ont clairement fait le choix de mesures concernant la TVA, parfois ciblées uniquement sur les plus petites entreprises ou celles en difficulté. L’Allemagne a ainsi décidé d’un décalage de paiement de l’ensemble des impôts jusqu’au 31 décembre 2020, sur demande, pour les entreprises en difficulté – le gouvernement ayant demandé une application « souple » de ce critère. Le Royaume-Uni a même fait du report de paiement de la TVA, sur option, sans conditions et sans intérêts de retard, jusqu’au 31 mars 2021, la mesure principale de son action.

Il y a chez nos voisins la prise de conscience que 
l’après-crise sanitaire se prépare dès maintenant
, comme le montrent l’adoption d’échéances lointaines de report et la mobilisation de l’ensemble des impôts pour faire « repartir la machine ». C’est sans doute plus facile à dire qu’à faire, surtout dans un contexte d’effondrement budgétaire, mais il n’en reste pas moins que nos partenaires pilotent déjà leur fiscalité sur le moyen terme.

Effet contracyclique

Autre exemple : les Etats-Unis revoient, dès aujourd’hui, leurs dispositifs de déductibilité des charges financières. On sait que ces règles, qui existent dans la plupart des pays – dont la France -, instaurent des plafonds de déductibilité en fonction notamment d’un pourcentage de l’Ebitda. Cet indicateur se détériorant en situation de crise, c’est donc moins de charges qui peuvent être déduites alors que le recours à l’emprunt sera nécessaire. Revoir ces règles participe donc d’un effet contracyclique et d’une relance par l’offre, ce qu’ont compris certains partenaires de la France. Il en est de même de l’assouplissement des règles de reports déficitaires, déjà en oeuvre aux Etats-Unis ou en Chine. D’autres enfin,
tel l’Australie
, adoptent dès maintenant des dispositifs d’amortissement accéléré pour encourager l’investissement.

La fiscalité a toute sa place dans la gestion de la crise économique, en tant qu’outil contracyclique et pouvant agir à la fois sur une offre atone et une demande faible – une baisse de TVA peut contribuer à contrer 
un risque d’augmentation de l’épargne de précaution
. Mais il faut l’utiliser avec pragmatisme et sans tarder, dès le déconfinement.

Nicolas Jacquot, avocat associé, Arsene.

La médiation du crédit reçoit une avalanche de saisines, Crédits

La médiation du crédit reçoit une avalanche de saisines, Crédits

Selon les chiffres publiés mardi par la Banque de France, 1.428 dossiers ont été considérés comme éligibles depuis le 6 avril en France métropolitaine. C’est déjà plus que sur l’ensemble de l’année 2019.

Créée pendant la crise financière de 2008 pour soutenir les entreprises se voyant refusées un prêt par leur banque, la médiation du crédit se trouve inondée de saisines avec la crise du coronavirus. Selon les chiffres publiés mardi par la Banque de France, 1.428 dossiers ont été considérés comme éligibles depuis le 6 avril en France métropolitaine.

En quelques jours, le nombre de dossiers à ainsi déjà dépassé le niveau de l’année dernière. En 2019, la médiation du crédit avait reçu au total 1.005 dossiers éligibles. A en juger par l’accélération du rythme, de 159 demandes éligibles par jour en ce moment (voire 221 pour la journée du 16 avril), la cellule pourrait vite atteindre un record de saisines.

« Les entreprises concernées sont très majoritairement des TPE (moins de 10 salariés) dont la situation est souvent dégradée et qui sont, de plus en plus fréquemment, confrontées à des refus de prêts garantie par l’Etat (PGE) », explique la Banque de France dans un communiqué. Accordés par les banques depuis début avril,
ces prêts sont couverts jusqu’à 90%
par une garantie d’Etat.

Les TPE majoritairement touchées

A la médiation du crédit, les montants cumulés de crédits demandés atteignent 243,1 millions d’euros, soit une moyenne quotidienne de 27 millions. Certes, au regard des 3 milliards d’euros de demandes quotidienne de PGE, les montants paraissent faibles, mais ils touchent une population d’entreprises
particulièrement fragiles
.

Traditionnellement, les services et le commerce sont les premiers secteurs qui saisissent
la cellule présidée par Frédéric Visnovsky
. Par ailleurs, une progression des saisines était déjà observée dans l’hôtellerie-restauration et le commerce de détail ces dernières années. Or ce sont ces professions qui sont les plus exposées aux conséquences économiques du confinement.

Crowdfunding : vers des prêts garantis par l'Etat, Crédits

Crowdfunding : vers des prêts garantis par l'Etat, Crédits

Un seau d’eau en plus pour tenter d’éteindre l’incendie. Selon nos informations, les banques pourraient bientôt ne plus être les seuls prêteurs autorisés à
distribuer des prêts garantis par l’Etat (PGE)
.

Les plateformes de prêts en ligne, ces acteurs apparus en France ces dix dernières années dans la mouvance du « crowdfunding », espèrent bien pouvoir s’intégrer au dispositif : en clair, continuer à servir d’intermédiaires entre des prêteurs (particuliers, et de plus en plus, investisseurs institutionnels), et des PME qui empruntent, mais en faisant bénéficier les premiers de la garantie de l’Etat en cas de non-remboursement.

« Nous avons des discussions actuellement avec le secteur du ‘crowdfunding’ en vue de soutenir l’activité des plateformes, confirme-t-on à Bercy. Une piste étudiée est la participation des plateformes de prêt à la distribution du PGE, dans les conditions prévues par le cahier des charges défini par l’Etat. » Comme pour les banques, ces prêts ne pourraient donc pas être accordés à des entreprises déjà en difficulté avant l’épidémie de Covid-19.

En perte de vitesse ces dernières années
, les plateformes de financement participatif sont notamment utilisées pour les petites entreprises et PME rentables mais aux profils de risque divers, prêtes à payer plus cher pour se financer rapidement ou éviter les cautions et garanties exigées par une banque

Dans la mouvance des Etats-Unis

« La grande question est de voir dans quelles conditions les plateformes devront prêter, même si nous avons déjà accepté de notre côté le principe de le faire sans facturer de frais, pour participer à l’effort collectif », explique Olivier Goy, fondateur d’October, plateforme française qui s’est étendue aux Pays-Bas, à l’Italie et à l’Espagne.

La France se placerait ainsi dans la mouvance des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, où l’une des principales plateformes, Funding Circle, a obtenu le droit de prêter en s’inscrivant dans le dispositif de sauvetage des PME mis en place par les deux Etats.

Plus près de nous, « c’est un mécanisme qu’on a déjà mis en place en Italie et aux Pays-Bas. Et cela fonctionne très bien. Moralité, si tout va bien, on pourrait voir arriver la même mesure en France », espère Olivier Goy.

La mesure serait modeste à l’échelle du PGE, dont l’enveloppe globale est de 300 milliards d’euros garantis par l’Etat. Seuls 508 millions d’euros ont été collectés en 2019 en France via ces plateformes pour financer des prêts sous formes diverses (obligations, bons, prêts rémunérés ou non), selon le baromètre du financement participatif réalisé par Mazars.
Ouvrir le PGE aux plateformes en ligne
sera donc – quoi qu’il en soit – un simple appoint pour les entreprises.

Une forte menace pour le secteur

Une telle décision pourrait en revanche sauver le secteur, mis en danger par la crise provoquée par le coronavirus : si les défauts d’entreprise se multiplient, les investisseurs-prêteurs iront sans doute voir ailleurs, et les plateformes n’auraient donc plus d’argent à prêter.

Outre l’éventuelle participation au PGE, les plateformes tentent de conjurer ce risque. A l’image des banques, nombre d’entre elles ont d’ores et déjà accordé un moratoire de 3 à 6 mois sur les remboursements des prêts en cours.

« La situation ne nous rend pas optimiste pour autant. Il y aura forcément une vague de défauts. A nous maintenant de montrer que nous sommes proactifs face aux difficultés et que nous faisons tout notre possible pour protéger nos clients », souligne Olivier Goy.

Covid-19 : cinq services gratuits pour vous aider à traverser la crise, Contrôle de gestion

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Tendance
De nombreux spécialistes de la gestion de crise, de la gestion de trésorerie, de la robotique ou de l’intelligence artificielle ont ouvert des accès gratuits à leurs plateformes ou à des outils dédiés.

1. Se faire conseiller et accompagner

Cokpit, spécialiste de la mise en relation des PME avec des seniors experts, propose de mettre en place des créneaux d’accompagnement téléphonique gratuits avec ses professionnels. Ils pourront répondre à des questions relatives à des sujets RH, financiers, gestion de crise mais également accompagner les entreprises dans 
leur reprise d’activité

gestion de relation clients
, communication interne. Plus de 100 experts ont accepté de répondre sous 24 heures aux dirigeants de TPE, PME et start-up qui s’inscrivent sur la plateforme.

2. Se former en ligne

Le leader de l’analytique SAS met gratuitement à disposition 
son programme de formations en ligne
, comme le cursus « SAS Academy for Data Science ». De courtes séquences vidéo et des cours interactifs en ligne permettent de s’initier à la programmation ou à la statistique, voire d’obtenir des certifications.

3. Mieux maîtriser ses délais de paiement

Sidetrade, spécialiste de l’intelligence artificielle (IA), propose aux PME d’accéder librement à sa plateforme. Reposant sur la technologie développée par le groupe, l’offre « Cashcontrol » a pour objectif de permettre aux petites et moyennes entreprises 
de mieux maîtriser leurs délais de paiements
. La solution, accessible en ligne gratuitement jusqu’au 30 juin à toutes les sociétés dont le chiffre d’affaires est compris entre 8 et 500 millions d’euros, inclut l’envoi dématérialisé de lettres de relance interactives ainsi que la mise à disposition d’échéanciers de paiement automatiques et collaboratifs pour gérer les cas difficiles.

4. Résoudre ses litiges

L’association d’huissiers de justice Medycis propose un service gratuit dédié 
à la résolution des litiges nés pendant la durée du confinement
 : urgence-mediation.fr. Particuliers, TPE et PME peuvent ainsi remédier à leurs conflits – loyer impayé, facture à régler, mensualité de prêt à reporter, différends clients ou de voisinage. Il suffit de se connecter et de déposer un dossier sur le site, avec les pièces justificatives nécessaires. Un huissier de justice médiateur assure ensuite gratuitement le traitement du dossier, la prise de contact avec les parties, la tentative de médiation et l’établissement du procès-verbal de médiation. Seule la délivrance éventuelle d’un titre exécutoire ayant force de jugement sera payante.

5. Sécuriser ses paiements

Le réseau de lutte 
contre la fraude aux faux virements
 My SIS-id propose aux (seuls) établissements de santé un accès gratuit à sa plateforme de sécurisation des paiements. Les acteurs de la santé humaine, de l’action sociale ou des produits pharmaceutiques pourront ainsi vérifier que les coordonnées bancaires utilisées pour un paiement sont exactes, s’il y a une incohérence entre la société et ses coordonnées bancaires, ou encore si le compte a déjà été utilisé pour une fraude.